Les provisions de Dexia inquiètent toujours

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Le débat fait rage au sein de la communauté des analystes. L'activité de prêt d'actions, développée par Dexia aux Pays-Bas, est-elle un gouffre capable de nuire à la santé de la banque ?Les chiffres du deuxième trimestre sont à première vue de nature à conforter cette idée. Dexia voit en effet sa charge nette du risque se creuser, passant de 32 millions d'euros au premier trimestre à 94 millions d'euros au deuxième. Ce dernier chiffre est supérieur aux estimations de la banque, publiées le 5 août dernier, qui étaient de 80 millions (lire ci-contre). Une bonne part de cette tendance s'explique par la dégradation de la qualité du crédit des entreprises aux Etats-Unis (avec un impact sur sa filiale FSA). Elle s'explique aussi par la morosité de la Bourse d'Amsterdam, sur laquelle Dexia se livre au prêt d'actions. Car le groupe doit constituer des provisions croissantes pour se prémunir contre les défaillances de ses clients après la débâcle boursière de ces derniers mois. Certains analystes interrogés par Reuters estiment que ce dossier va peser sur les cours de Dexia, tandis que d'autres pensent que cela n'aura pas réellement d'impact. Les déclarations du président Pierre Richard ne vont certes pas dans le sens des optimistes : "Il subiste des incertitudes liées au marché boursier, notamment sur Euronext Amsterdam, qui ont une influence sur les résultats de Dexia Bank Nederland, compte tenu de la méthode de provisionnement que le groupe a décidé d'appliquer pour cette filiale." Le communiqué précise cependant que le taux de charge des risques (7,79 points) reste "dans la région des très faibles niveaux constatés historiquement, c'est-à-dire inférieur à 10 points de base."Les analystes espéraient par ailleurs un point sur l'intégration d'Artesia, banque belge acquise pour 3,3 milliards d'euros et à l'origine d'un accroissement des charges d'exploitation. Dans son communiqué, Dexia mentionne simplement que les charges d'exploitation hors exceptionnels ont baissé de 1,3% sur le trimestre, soulignant que les efforts pour contenir les frais généraux et développer les synergies avec Artesia "commencent à donner leurs fruits". De toute façon, "le point de non retour est franchi", estime Pierre Richard.Pour les autres aspects du résultat, le groupe a publié des chiffres plutôt mitigés. Le résultat brut d'exploitation est en hausse séquentielle de 18,4% à 637 millions d'euros alors que la banque tablait sur 629 millions. Mais le résultat net part du groupe recule de 4% à 383 millions là où Dexia s'attendait à une baisse de seulement 3% à 387 millions. Pour 2002, Pierre Richard estime que "l'exercice sera honorable."Jeudi, l'action Dexia était attaquée dans d'importants volumes et perdait plus de 6% à 12,42 euros en clôture. Vendredi en clôture, elle rechute de 4,51% à 11,86 euros.

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