" Ahold a peut-être mangé son pain blanc "

La Tribune.- Les résultats attendus dans la grande distribution cette semaine seront-ils conformes aux prévisions ?Christian Guyot.- Il n'y a pas de surprise majeure à attendre. Les entreprises pourront réaliser sans souci leurs prévisions pour 2001. Mais l'important est surtout de savoir ce qu'elles pourront faire derrière. Nous sommes toujours dans un cycle baissier. Jusqu'ici beaucoup ont puisé dans leurs réserves pour faire en sorte que les résultats et l'activité progressent comme à l'habitude de 15 à 20% par an. Il est évident que cette tendance ne pourra être maintenue à l'avenir. La visibilité est faible. Surtout il est très difficile d'établir des prévisions pour le secteur.Pourquoi une telle incertitude ?Le risque sur les pays émergent, comme la Corée où les acteurs locaux sont féroces, est réel et peut apporter bien des désillusions. Le potentiel se sature de plus en plus rapidement. En 5 ou 6 ans on peut passer du désert commercial à la prolifération de grandes surfaces généralistes avec des phénomènes de " cannibalisation ". Du coup, le chiffre d'affaires de chacun tend à décroître sur les nouvelles unités. Le phénomène est d'autant plus préoccupant que dans le même temps le coût d'installation des magasins a augmenté. Cette implication croissante dans les zones émergentes altère l'aspect défensif du secteur.Certains groupes vous paraissent-ils néanmoins séduisants ?J'apprécie ceux qui se concentrent sur des marché à maturité et affichent une progression certaine de l'activité et du bénéfice. La qualité des chiffres annoncés est importante : ce qui compte c'est la part de croissance de l'activité et des résultats qui est " sécurisée ". Wal-Mart est un modèle du genre. Il reste sur son marché domestique. En outre sa croissance bénéficiaire est fondée sur le développement du chiffre d'affaires organique et pas seulement sur les économies de coûts qui n'ont qu'un effet ponctuel. Carrefour est également bien orienté car l'Europe reste son domaine principal. Dans ces conditions, la fusion Carrefour-Promodès a encore plus de sens aujourd'hui. A l'inverse, je reste réservé sur Ahold qui, après de nombreux succès, a peut-être mangé son pain blanc : son modèle est trop orienté vers la croissance externe. Hormis cette hiérarchisation, nous manquons aujourd'hui d'éléments pour fixer, de façon fiable, des valorisations boursières absolues.Propos recueillis par Olivier Decarre

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