"Le scénario d'un choc pétrolier ne s'impose pas"

 |   |  397  mots
"La Tribune". Comment les marchés réagissent-ils à la montée des périls au Moyen-Orient ?Eric Galiègue. Jusqu'ici, la réaction des marchés financiers a été très limitée. Mais ce n'est pas de l'indifférence et les conséquences d'une hausse durable des prix du pétrole seraient redoutables. Le seuil de l'inacceptable se situe au-delà de la zone des 25-27 dollars par baril si ces cours devaient s'installer durablement. Les conséquences d'un choc pétrolier seraient de retirer de la croissance et d'apporter de l'inflation. Pour l'instant ce scénario ne s'impose pas... Au-delà du pétrole, on ne peut minimiser l'impact psychologique que ne manqueraient pas d'avoir un élargissement et un durcissement du conflit sur le moral des consommateurs européens. En effet, l'économie sera soutenue par la consommation pendant encore quelques mois avant que la reprise de l'investissement ne prenne le relais pendant l'hiver.La reprise de l'investissement n'est-elle pas menacée par la remontée des taux ?Non, pas vraiment. La baisse des taux d'intérêt n'a pas permis d'enrayer la chute de l'investissement. Pas plus qu'une remontée des taux ne l'empêchera de se reprendre. Ce qui compte, c'est la vision que l'entreprise a de la demande dans les mois qui suivent. En Europe, les taux à 10 ans devraient remonter encore de 50 points de base à 5,80 % d'ici à la fin de l'année. Cela reste digeste.La menace du conflit restant contenue, les actions vous semblent-elles attractives ?Les Bourses européennes et américaines sont correctement évaluées. Le PER du marché est à peine supérieur à l'inverse des taux à 10 ans, c'est la norme. L'étiage conjoncturel est derrière nous. Mais si la sortie de la crise est acquise, la question de la pérennité et du rythme de croissance de la reprise demeure. Les prévisions des analystes sont réconciliées avec le scénario macroéconomique. Le niveau des bénéfices attendus pour les sociétés du CAC 40 ou du S&P 500 s'inscrivent à un niveau inférieur à celui des résultats publiés en 2000. L'idéal, ce serait que la Bourse n'entame un mouvement de hausse qu'en fin d'année sur la foi de fondamentaux 2003 crédibles. Cela permettrait de sortir de la zone des 4.200-4.700 points sur le CAC 40 et de passer les 5.000 points.Propos recueillis par Christophe Tricaud

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :