Metaleurop Nord placé en redressement judiciaire

A Noyelles-Godault, les cheminées de la fonderie se sont arrêtées de fumer mardi, quand la ligne de plomb a cessé sa production. Mais tout espoir n'est pas perdu pour Metaleurop Nord. Le tribunal de grande instance de Béthune (Pas-de-Calais) a décidé de placer l'entreprise sous redressement judiciaire. C'est une bouée de sauvetage pour la fonderie qui aura donc plusieurs semaines pour trouver un éventuel repreneur.La procédure de redressement judiciaire permettra la poursuite de l'activité de l'entreprise sous le contrôle de deux administrateurs pendant une période de trois mois d'observation, éventuellement renouvelable. Le plan social qui était prévu sera mis en oeuvre pour 250 salariés, a indiqué le tribunal. La fonderie de plomb, l'une des plus importantes d'Europe, avait déposé son bilan lundi. L'entreprise était sans ressources depuis le 17 janvier, sa maison-mère, le producteur de métaux non ferreux Metaleurop, ayant décidé de ne plus financer sa filiale après plusieurs années de pertes. La fermeture de l'usine, qui emploie 830 personnes, entraînerait aussi la perte d'un millier d'emplois chez les sous-traitants. A Noyelles-Godault, où le taux de chômage frôle les 25 %, ce serait un coup d'autant plus dur que la crise industrielle a éprouvé la région. Dans cet ancien bassin minier, les houillères ont été les premières à licencier. Puis, ces dernières années, des grands groupes (Samsonite, Knoll, Arcelor, Testut) ont supprimé des centaines d'emplois. Hier, près de 2.000 habitants et élus locaux ont défilé silencieusement dans les rues de la ville natale de Maurice Thorez, marquant ainsi leur désarroi.Saluant la décision du tribunal de procéder au redressement judiciaire, le président de la société Metaleurop Nord, Gilbert-Alain Ferrer, s'est montré soulagé : "Je suis très heureux de gagner ce redressement. Maintenant il ne faut pas perdre un jour", a-t-il ajouté. "C'est un motif de soulagement. On a trois mois pour faire nos preuves", a indiqué le délégué syndical CGT, Farid Ramou. Selon les syndicats, une reprise partielle de l'usine est possible autour de l'activité de recyclage du zinc, moins polluante que le plomb. Quoiqu'un éventuel repreneur serait confronté à de lourds investissements de modernisation et de remise aux normes environnementales et de sécurité. Une première restructuration dans l'activité de recyclage avait d'ailleurs été amorcée en novembre 2002, contribuant ainsi à réduire de moitié les pertes de Metaleurop Nord, jusqu'à ce que la maison mère abandonne soudainement la fonderie le 17 janvier. Depuis, le groupe avait gardé le silence, rompu lundi dans un communiqué. Le groupe a été contraint "de ne pas octroyer à sa filiale de nouveaux financements, afin d'assurer la pérennité de Metaleurop S.A" dans un contexte très difficile, "en raison, notamment, de l'effondrement historique des cours du zinc".Devant l'assemblé nationale mardi, le Premier ministre s'est prononcé pour "la plus grande des sévérités" vis à vis des entrepreneurs qui "n'exercent pas leurs responsabilités". La semaine dernière, Jean-Pierre Raffarin avait dénoncé l'attitude du groupe Metaleurop et promis des "poursuites" au niveau "national". Le gouvernement s'active pour trouver une solution : un comité inter-ministériel doit se réunir mercredi sous la houlette du Premier ministre. Le ministre de la Fonction publique, Jean-Paul Delevoye, a reçu de son côté mardi les élus locaux et les représentants syndicaux de MetaleuropNord. "Nous analyserons le plan de redressement proposé par l'administrateur judiciaire, nous veillerons à l'application du plan social et nous réfléchirons aux moyens de son extension", a-t-il précisé. L'action Metaleurop a été suspendue lundi à la Bourse de Paris au cours de 0,67 euro, en chute de près de 60% depuis le 1er janvier.

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