L'Opep hésite sur la conduite à tenir

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A la veille de la réunion de l'Opep, les avis des membres du cartel quant à la stratégie à adopter pour faire face au retour annoncé du pétrole irakien sur le marché divergent. Cette incertitude, combinée à l'attente liée à la publication demain également des chiffres des stocks américains, n'affecte que légèrement les cours du pétrole. En début d'après-midi à Londres, le prix du baril de Brent de mer du Nord pour livraison en juillet, référence sur l'International Petroleum Exchange, recule de 13 cents à 27,72 dollars.Mieux vaut prévenir que guérir, telle semble être la position du président de l'Opep. Abdullah al-Attiyah a indiqué ce matin que le cartel pourrait examiner la possibilité de réduire sa production de brut pour tenir compte du retour attendu de l'Irak. Pour lui, l'Opep ne doit "pas attendre qu'une crise advienne". Une baisse de la production permettrait, soulignent ses partisans, d'éviter un effondrement des prix du pétrole provoqué par un trop-plein sur le marché mondial, à un moment où l'économie mondiale tourne au ralenti. D'après le ministre qatariote, qui s'appuie sur des informations irakiennes, Bagdad pourrait produire au moins un million de barils par jour (mbj), et ce dès la mi-juin. Si les quotas de production de l'Opep sont actuellement fixés à 25,4 mbj, certains spécialistes s'accordent à penser que la production réelle du cartel est supérieure. Ce qui fait dire au ministre du Pétrole des Emirats arabes unis que l'Opep pourrait "avoir besoin de baisser la production réelle mais pas nécessairement de baisser les plafonds de production".La position du ministre koweitien est encore plus tranchée. Ahmad Fahad Al-Ahmad Al-Sabah juge qu'il est "mieux de continuer avec notre production actuelle jusqu'en septembre". Principal argument des opposants à une baisse de la production: le prix actuel du pétrole qui se situe actuellement dans le haut de la fourchette de 22 à 28 dollars définie par l'Opep. En attendant de connaître le point de vue des plus gros et plus influents membres du cartel, à savoir l'Arabie Saoudite et l'Iran, d'autres pays membres de l'Opep, notamment non-arabes, estimaient qu'il n'était pas nécessaire de réduire les plafonds de production dans l'immédiat. C'est le cas de l'Indonésie par exemple. Hors Opep, certains pays producteurs de pétrole, comme le Mexique, ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne réduiraient pas "nécessairement" leur production, même si le cartel décidait de baisser la sienne.

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