Flambée du chômage en Allemagne

Après la déroute subie le week-end dernier en Basse-Saxe et en Hesse, le gouvernement Schröder se serait bien passé du coup de massue que viennent de lui infliger les dernières statistiques du chômage. Le nombre de demandeurs d'emplois s'est envolé en janvier. En données brutes, chiffres qui alimentent le débat public outre-Rhin, c'est une hausse de 398.000 chômeurs qui a été enregistrée, portant le nombre de demandeurs d'emplois à 4,623 millions. A ce niveau, le chômage se rapproche des records atteints en 1998 sous le mandat d'Helmut Kohl. A cette époque, l'Allemagne devait digérer les conséquences économiques de la réunification.Même en données corrigées des variations saisonnières, le tableau reste très sombre avec 62.000 chômeurs de plus, soit un taux de chômage de 10,3% au lieu de 10,1% en décembre. La situation est d'autant plus préoccupante pour la première économie de la zone euro que rien ne permet d'anticiper une reprise forte et rapide du marché du travail. Les dernières enquêtes menées - aussi bien dans l'industrie que dans les services - auprès des directeurs d'achats des entreprises allemandes montrent à l'inverse que de nouvelles réductions d'effectifs sont à attendre. Dans ces conditions, on voit mal comment les ménages allemands retrouveront le chemin des commerces. Dans leur note quotidienne, les experts de l'équipe de recherche économique de la Société Générale (SG) estiment que "la consommation privée devrait donc être molle au premier trimestre de cette année, après avoir enregistré en 2002 sa première contraction depuis le début des années 80". Avec de telles perspectives, l'Allemagne, qui a dû se contenter d'une maigre croissance de 0,2% l'an dernier, devrait connaître un exercice 2003 encore difficile. Tout ceci ne présage rien de bon pour le marché de l'emploi. Selon Guilhem Savry, spécialiste de l'Allemagne chez CDC-Ixis, les chiffres de ce matin "éclairent le fait que les réformes structurelles du marché du travail doivent être amplifiées". Mais pour accomplir cette tâche sensible, le chancelier Schröder aurait besoin du soutien d'une majorité d'Allemands. Or, et les dernières élections régionales viennent de le montrer, le moins que l'on puisse dire, c'est que le capital confiance du gouvernement en place est largement écorné.

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