L'Autriche cède sa participation dans Voest-Alpine

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La cession des actifs gouvernementaux est à la mode: après KPN aux Pays-Bas vendredi matin (lire ci-contre), c'est au tour du sidérurgiste Voest-Alpine en Autriche. Vienne a ainsi annoncé avoir conclu la cession des 34,7% du capital qui restaient aux mains de l'Etat. 19,7% des actions de Voest ont déjà été cédées sur le marché, tandis que les 15% restant le seront via une émission d'obligations convertibles à échéance 2006. Cette façon de procéder est, selon un banquier de JP Morgan cité par Bloomberg, "une première en Europe".L'offre a été souscrite trois fois, selon la holding publique chargée des privatisations ÖIAG. Le prix de vente s'est fait au prix de clôture de l'action jeudi, soit 32,50 euros. Les salariés ont bénéficié d'un prix préférentiel de 28,28 euros. En tout, l'Etat autrichien devrait récupérer 498 millions d'euros. Une bouffée d'air pour le gouvernement dont les comptes publics devaient passer dans le rouge en 2003 après un excédent de 0,3% du PIB en 2002. Surtout, cette cession avait été l'occasion d'une mini-crise politique sur les bords du Danube. Lorsque cette cession a été annoncée sans surprise la semaine dernière, l'opposition de gauche et une partie de la coalition bleue-noire (droite et extrême-droite) s'est insurgée, accusant le chancelier Wolfgang Schüssel de "brader Voest à des intérêts étrangers". Du coup, l'ÖIAG était confrontée à la quasi-obligation de ne pas faire basculer la majorité du groupe dans les mains d'investisseurs étrangers. L'opération semble avoir été réussie de ce point de vue. Les salariés détiennent désormais 10,3% du capital du groupe, tandis que les banques et assureurs autrichiens en possèdent 43%. Wolfgang Schüssel pouvait donc triompher vendredi en assurant que "Voest demeurait autrichienne". On ne manquera pourtant pas de s'interroger sur cette privatisation "locale" qui permet de ménager la chèvre nationaliste et le chou libéral. Voest-Alpine capitalise 700 millions d'euros à la Bourse de Vienne et emploie 23.000 personnes. Le groupe est un des principaux fournisseurs de l'industrie automobile européenne. Il a annoncé d'excellents résultats pour le premier trimestre de son exercice avec des ventes en progression de 17% sur un an à 1,13 milliard d'euros et un bénéfice d'exploitation en hausse de 81,6% à 75 millions d'euros. A Vienne, l'action a fini la séance en hausse de 1,29% à 32,92 euros.

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