Wanadoo confirme son premier bénéfice

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C'est confirmé: pour la première fois, la filiale Internet de France Télécom, Wanadoo, a terminé un exercice sur un résultat positif. Les chiffres publiés lundi matin pour 2002 font en effet apparaître un bénéfice net consolidé part du groupe de 30 millions d'euros, après une perte nette de 193 millions en 2001. Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) ressort à 90 millions d'euros, dans le haut de la fourchette attendue par les analystes (50 à 90 millions d'euros). L'année précédente, l'Ebitda était négatif de 64 millions d'euros. Dans son communiqué, Wanadoo se félicite d'afficher un bénéfice net "avec un an d'avance sur ses prévisions". Ce résultat, explique le groupe, "provient essentiellement de la progression de la performance opérationnelle du groupe, déjà perceptible au premier semestre de l'exercice". Wanadoo met l'accent sur son résultat opérationnel, qui "approche l'équilibre avec une perte de 6 millions d'euros en 2002 contre une perte de 153 millions d'euros en 2001". Selon Olivier Sichel, qui vient de prendre les commandes de la filiale de France Télécom, ces chiffres témoignent du succès de l'implantation d'Internet en France. "Au sein de France Télécom, affirme-t-il, Wanadoo démontre clairement que l'Internet, comme les annuaires, s'est définitivement ancré dans le quotidien de plusieurs millions de clients en Europe. L'essor du Haut Débit, notamment en France, en est une excellente illustration".Et la société compte bien poursuivre sur sa lancée: pour 2003, Wanadoo "confirme qu'il s'est fixé pour objectifs de faire croître son chiffre d'affaires de 25 à 30%, de tripler son Ebitda et de réaliser un bénéfice net en forte augmentation". Pour l'exercice écoulé, Wanadoo a dégagé un free cash-flow opérationnel négatif de 18 millions d'euros, après -175 millions en 2001. Mais le free cash-flow est positif, à 114 millions d'euros, dont 86 millions liés à la cession de l'immeuble Pages Jaunes. Avec un chiffre d'affaires 2002 de 2 milliards d'euros, Wanadoo est aujourd'hui le numéro deux européen derrière l'allemand T-Online, avec 8,5 millions de clients actifs. Le groupe revendique une position de leader en France, mais aussi au Royaume-Uni et en Espagne. Il est également présent aux Pays-Bas et Maroc. Le développement à l'international a d'ailleurs été l'une de ses priorités de ces dernières années. En 2002, le chiffre d'affaires hors de nos frontières a ainsi augmenté de 70%. Les mauvais résultats enregistrés sur le marché britannique ont cependant pesé sur les comptes: la filiale Freeserve a vu sa perte s'établir à -92 millions d'euros, contre -74 millions un an plus tôt. Wanadoo a lancé un "programme d'amélioration de la rentabilité" de Freeserve. Au total, l'activité "Accès, portails et e-merchant" a ramené sa perte Ebitda à -166 millions d'euros en 2002, après -290 millions en 2001.Parmi les axes de de développement du groupe dans ce domaine figure la montée en puissance du haut débit. Wanadoo compte actuellement près de 1,4 million d'abonnés au câble et à l'ADSL, chiffre qui devrait augmenter rapidement pour représenter un tiers des abonnés du groupe.L'autre grande activité du groupe, celle des Annuaires, a fait passer son bénéfice Ebitda à 289 millions d'euros, contre 239 millions un an plus tôt. Une progression qui s'explique par les résultats des Pages Jaunes en France, avec un bénéfice Ebitda de 317 millions d'euros (282 millions en 2001). Commentant ces résultats, Olivier Sichel, qui a succédé en janvier à Nicolas Dufourcq, a affirmé que "nous voulons passer d'un succès économique global au succès de chacune de nos activités". Citant les pertes enregistrées par Wanadoo en Grande-Bretagne et en Espagne, le PDG a précisé que l'objectif est bien d' "amener toutes nos activités à l'équilibre d'ici deux ans", conformément aux priorités définies par France Télécom. Le groupe va donc mettre en oeuvre un ensemble de mesures d'économies: nouvelle organisation technique, réduction des coûts de l'activité 'portail' en France, où 102 postes ont été supprimés, etc... L'action a été favorisée récemment par l'annonce de son entrée dans l'indice MSCI (Morgan Stanley Capital International) France Index après la clôture du 28 février. Lundi, après une ouverture positive en début de matinée, le titre a cédé du terrain tout au long de la séance, terminant en repli de 3,02%, à 4,50 euros.

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