Tout ça pour ça...

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Que de mystères ! Rendu tardivement jeudi dernier, le verdict du Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI) dans le dossier Crédit agricole/Crédit Lyonnais n'a toujours pas été publié au Journal officiel. Pourtant, les grandes lignes en sont connues. L'autorité de tutelle exige du futur groupe la cession de 85 agences et le gel du développement de son réseau dans un certain nombre de départements. Autant dire des conditions minimales pour un géant qui comptera plus de 9.000 points de vente sur l'ensemble du territoire et dominera ses concurrentes (BNP Paribas et Société générale) de la tête et des épaules. Pour la première fois saisi d'un dossier de concurrence de grande ampleur, titillé par l'activisme de BNP Paribas, il y a fort à parier que le CECEI a voulu rendre une décision "inattaquable". Il n'évitera pas pour autant un recours devant le Conseil d'Etat, notamment à l'initiative des syndicats qui s'émeuvent du sort des salariés concernés par les cessions d'agences. Au delà, on ne peut que s'interroger sur la façon dont l'autorité de tutelle a arrêté son curseur. De deux choses l'une : soit le rapprochement des deux banques ne pose pas véritablement de problème d'un point de vue concurrentiel, et les conditions posées au projet sont difficilement compréhensibles. Soit l'opération pose des problèmes de concurrence, et on ne voit alors pas en quoi 85 agences de plus ou de moins peuvent y changer quelque chose. Bref, à vouloir ménager la chèvre et le choux, il semble bien que le CECEI ait pris le risque de mécontenter tout le monde. Ce qui n'est pas de très bon augure pour les prochaines décisions qu'il pourrait être amené à prendre en matière de concurrence, un domaine où il s'est arrogé une compétence avec la bénédiction de Bercy.

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