Bush privilégie la sécurité et la réduction du déficit pour son budget 2005

Georges Bush se convertit à l'orthodoxie budgétaire, sauf pour la sécurité. Le président américain a présenté ce lundi son plan de réduction du déficit budgétaire pour 2005 (année fiscale commençant le 1er octobre 2004). Il prévoit un déficit de 364 milliards de dollars, soit 30% de moins que les 521 milliards de dollars enregistrés au cours de l'exercice 2004. Globalement, le gouvernement américain table sur une hausse de 13,2% des recettes à 2.036 milliards de dollars et une progression de 3,5% des dépenses à 2.400 milliards de dollars. L'objectif est de ramener le déficit budgétaire en 2009 à 237 milliards de dollars. George Bush, qui avait hérité, lors de son arrivée au pouvoir, d'un excédent budgétaire record, n'évoque désormais plus le retour des comptes publics à l'équilibre. Il entend cependant, pendant cette année électorale, redorer son blason fiscal pour éviter les critiques de ses concurrents démocrates. Mais chacun, y compris au sein des rangs républicains, sait que ses objectifs seront difficiles à atteindre. En tout cas, les premières victimes de cette politique sont les postes "non prioritaires" de la politique américaine. Ainsi, les départements du Commerce, de l'Agriculture et des Transports verront leurs crédits réduits ainsi que l'agence de protection de l'environnement. La palme revient aux services administratifs généraux dont les crédits seront divisés par deux. Autant de dispositions devenues indispensables compte tenu de l'effort budgétaire consenti pour la sécurité intérieure et la défense. Le budget de la Défense, hors opérations en Irak et en Afghanistan, devrait ainsi croître de 7% à 402 milliards de dollars. Quant à la sécurité intérieure, qui regroupe notamment les dépenses liées à la lutte contre le terrorisme, elle voit son budget grimper de 10% sur un an à 30 milliards de dollars. En tout, la sécurité représentera en 2005 3,6% du PIB américain. Autre problème: le budget 2005 est construit sur une hypothèse de croissance de 3,6%, soit 0,8 point de moins qu'en 2004. Un recul qui peut paraître optimiste au regard de la progression attendue des recettes. Mais, même si ce scénario est juste, on comprend mal comment la Maison Blanche pourrait tenir ses objectifs de hausse des recettes de 13,5% avec une baisse de la croissance! On peut donc estimer qu'il lui faudra remonter les impôts. Or, il y a fort à parier qu'alors, la consommation ne tienne pas. D'autant que les ménages (lire ci-contre) ne disposent pas d'épargne pour faire face à une remontée de l'impôt. On peut donc alors s'attendre à un net ralentissement de l'activité... Avec, in fine, le risque d'un cercle vicieux: le retour à une rigueur budgétaire entraînant une croissance plus faible et vice-versa. S'il est réélu, George Bush devra donc bien mesurer l'impact global d'une hausse massive des taxes.

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