Vivendi repasse à l'offensive

Après l'assainissement, voici venu le temps des nouvelles ambitions. C'est le ton donné par Jean-René Fourtou, le patron de Vivendi, lors de la conférence de presse qui a suivi la publication des résultats annuels mardi. L'année 2004 sera donc placée sous le signe du renforcement dans les télécoms. Tout d'abord, au deuxième semestre, le groupe portera sa participation dans Maroc Telecom à 51% contre 35% actuellement. Surtout, le groupe prévoit de se consolider sur le marché français dans la téléphonie fixe. Sa filiale SFR-Cegetel a ainsi engagé des discussions avec d'autres acteurs dont Neuf Telecom (ex-LDCom). Avec un objectif : créer un acteur de poids face à France Télécom, dont la part de marché dans la téléphonie fixe recule.Un rapprochement de LDCom et de Cegetel créerait un groupe de 1,84 milliard d'euros de chiffre d'affaires, LDCom apportant 1 milliard d'euros de ventes. La nouvelle société resterait encore loin de l'opérateur historique, dont les ventes ont représenté 22 milliards d'euros en 2003 dans les communications fixes. En parallèle de ces annonces, Jean-René Fourtou a refusé de commenter les rumeurs d'une cession de SFR à Vodafone, actionnaire de Vivendi et grand partenaire commercial de l'opérateur. Arun Sarin, le patron de l'opérateur britannique, se répand régulièrement dans la presse, affirmant qu'"un jour, SFR sera à Vodafone".Plus largement, Jean-René Fourtou a annoncé dans son communiqué que Vivendi "sera "en mesure de poursuivre sa politique de croissance interne, tout en investissant de façon sélective dans des opportunités de croissance externe". Concernant Veolia Environnement, le groupe a confirmé qu'il cèderait comme prévu les 20,4% du capital qu'il détient encore dans son ancienne filiale. Du côté des perspectives chiffrées, l'optimisme est la règle. Pour 2004, Vivendi prévoit une très forte croissance du "résultat net ajusté", qui s'est établi à 349 millions d'euros en 2003. Il s'agit du bénéfice hors éléments exceptionnels et amortissements des survaleurs. Vivendi espère aussi une forte hausse du bénéfice d'exploitation, hors VUE, NBC Universal et Telepiù. De la même façon, il table sur une stabilité des cash-flows, qui sont ressortis à 4,4 milliards d'euros en 2003, soit une hausse pro forma de 64% sur un an. Cerise sur le gâteau, Vivendi a assuré qu'il serait en mesure de verser un dividende en 2005. Très attendu aussi, l'endettement du groupe: son niveau a été réduit sous les 12 milliards d'euros, un montant qu'il voudrait ramener sous les 5 milliards cette année. Les chiffres publiés pour 2003 n'auront pas surpris les analystes. Le groupe a réduit drastiquement ses pertes l'an passé à 1,1 milliard d'euros, un chiffre dans la fourchette des prévisions et qui fait suite à un déficit de 23,3 milliards d'euros en 2002. Le résultat d'exploitation est au dessus des attentes à 3,3 milliards d'euros. Le consensus Reuters avait pour objectif 3,084 milliards d'euros. A l'origine de cette performance, VU Entertainment, en passe d'être fusionné avec NBC, dont le résultat d'exploitation a atteint 931 millions d'euros, au dessus des 777 millions d'euros attendus par les marchés. Canal Plus tire aussi son épingle du jeu avec un bénéfice de 247 millions d'euros, supérieur aux 174 millions d'euros prévus. Le redressement financier de la chaîne cryptée continuera d'être la priorité du groupe audiovisuel. La dette du groupe à fin 2004 sera "largement inférieure aux 800 millions d'euros" d'endettement affiché en février, a assuré Bertrand Méheut, à la tête de Canal Plus. Le groupe doit "encore réaliser des cessions", notamment la société de marketing sportif Sportfive, a rappelé M. Méheut. La branche télécoms, qui comprend SFR et Maroc Telecom, est en ligne avec 2,5 milliards d'euros de bénéfices. Pour la partie téléphonie mobile française, le groupe table sur une hausse de 13% du résultat d'exploitation et de 7% de son chiffre d'affaires cette année, hors communications mobile à mobile. Du côté des mauvais points, citons VU Games, puisque sa perte de 201 millions d'euros dépasse aussi les prévisions. Universal Music Group, dont le résultat d'exploitation de 70 millions d'euros est bien en dessous des 183 millions pronostiqués par les analystes, n'est pas en reste. Une situation qui ne saurait durer si l'on en croit le groupe. En 2004, UMG va "poursuivre les chantiers" lancés en 2003, notamment le programme de réduction des coûts, la lutte contre le piratage et le téléchargement illégal de musique sur Internet. L'objectif est d'atteindre en 2005 une réduction des coûts de "350 à 400 millions d'euros" par rapport à 2003, a indiqué Jean-Bernard Lévy, directeur général de VU, soulignant que "2004 est encore une année de transition". A Paris, le titre Vivendi gagne 2,33% en fin d'après-midi, à 21,49 euros.Vivendi attaque Barry DillerVivendi a annoncé avoir engagé une action contre USANi Sub LLC, filiale du groupe InterActiveCorp dirigé par Barry Diller, auprès de la justice de l'Etat du Delaware (USA). Objectif: obtenir l'annulation de certains engagements pris dans le cadre d'un accord sur VU Entertainment. Le groupe français précise que "l'annulation de ces engagements est une condition préalable à la clôture de la cession des intérêts de Vivendi Universal dans VUE à NBC. Vivendi explique que "ce litige est né du refus par USANi d'accepter les projets de lettres de crédit qui lui ont été présentés, bien qu'elle soit dans l'obligation de le faire en vertu des dispositions de l'Accord de partenariat sur VUE". Pourtant, fin septembre, Vivendi annonçait qu'il était d'accord avec Barry Diller pour dénouer les accords anciens qui les lient dans Vivendi Universal Entertainment (VUE). Barry Diller possède encore 1,5% du capital de VUE à titre personnel et 5,5% via InterActiveCorp.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.