"Sanofi devra relever légèrement son offre"

latribune.fr: L'OPA de Sanofi sur Aventis a-t-elle du sens pour vous ? Ne risque-t-elle pas de se heurter au veto de Bruxelles ?Marie-Hélène Leopold: Elle peut avoir du sens, au même titre que d'autres. Il me semble qu'il n'existe pas qu'une seule combinaison incluant Aventis. Quant au danger d'un blocage par Bruxelles, il est peu probable. Les deux groupes disposent en effet de peu de produits présents ensemble sur le même marché. Le seul problème était celui des antithrombotiques, mais Jean-François Dehecq a indiqué qu'il conserverait le Lovenox d'Aventis pour céder la Fraxiparine et l'Arixtra de Sanofi. Croyez-vous que de nouveaux éléments sur le Plavix ont forcé la main de Sanofi pour lancer son offre ? Je ne pense pas que les dirigeants de Sanofi aient eu des informations supplémentaires sur le Plavix. Pour expliquer la rapidité du dépôt de cette offre, je me réfère à ce qu'a dit Jean-François Dehecq : des vautours tournaient déjà autour d'Aventis et, au regard de l'échéance du pacte d'actionnaires de Sanofi, il préférait être prédateur que proie. La valorisation d'Aventis proposée par Sanofi vous semble-t-elle satisfaisante ? C'est un vrai problème car l'actionnariat d'Aventis est éclaté et est en majorité anglo-saxon. Or, les Anglo-saxons ont une expérience d'OPA proposant des primes importantes calculées sur le dernier cours de Bourse. L'argument de Sanofi affichant une prime de 15% sur la moyenne du dernier mois ne les satisfera pas, car cette prime n'est que de 3,7% par rapport à la clôture de vendredi. On est loin des primes de 40% que l'on a déjà vues dans la pharmacie. La déception est d'autant plus grande qu'Aventis était un titre notoirement décoté, de près de 30%, par rapport à ses pairs. Le groupe franco-allemand ne recueille-t-il pas ici les fruits de sa politique de communication ? Il est vrai qu'Aventis a joué le jeu de la transparence en établissant des scénarios en cas d'arrivée sur le marché de produits génériques. Du coup, le marché a intégré ces scénarios. Sanofi a toujours refusé ce genre de pratique et le marché n'a donc pas intégré à plein le risque générique.Les synergies de 1,6 milliard d'euros par an affichées par Sanofi vous semblent-elles raisonnables ?Je n'y crois pas. Ou du moins pas avant cinq ans.Aventis a-t-il les moyens de résister ? Une contre-OPA me semble difficilement envisageable, dans la mesure où le nouveau prédateur ne pourra pas profiter de la décote du titre. Tout est cependant possible, notamment parce que, en cas de problèmes d'opposition avec les réglementations anti-trusts, les groupes peuvent céder les produits ou les activités qui posent des difficultés.Peut-on envisager un échec de cette OPA ? Je crois que Sanofi sera amené à relever légèrement son offre. Un petit peu plus devrait suffire à convaincre les actionnaires d'Aventis réticents.

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