Eurotunnel veut baisser ses péages et renégocier sa dette

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Marqué par la fronde des actionnaires minoritaires (lire ci-dessous), l'exercice 2003 d'Eurotunnel se solde par une perte nette abyssale de 1,89 milliard d'euros, à comparer avec un bénéfice net de 508 millions d'euros enregistré en 2002. Ce déficit s'explique essentiellement par une dépréciation exceptionnelle de 1,84 milliard d'euros destinée, selon le communiqué du groupe, à traduire conformément à la norme comptable IAS 36 "la réduction des flux futurs d'exploitation établie à la lumière des résultats de 2003 et de leurs conséquences sur la capacité d'endettement du groupe, ainsi que de la hausse des taux de marché". Ceci étant, le résultat d'exploitation, tout comme le chiffre d'affaires, de l'opérateur du tunnel sous la Manche ont souffert en 2003, reculant respectivement de 23% et 9,3%. Et pour l'avenir immédiat, le président d'Eurotunnel Charles Mackay a déclaré qu'il n'y avait toujours pas d'amélioration du trafic en vue. Le marché reste déprimé et la concurrence tarifaire est "intense", en conséquence de quoi il estime "difficile à ce stade de prévoir quand la reprise de notre activité navettes interviendra". Dans ces conditions, Eurotunnel, acculé, s'est lancé dans un nouveau pari et a proposé aux gouvernements français et britannique, ainsi qu'aux entreprises du secteur ferroviaire transmanche (RFF, SNCF, Eurostar...), de baisser les tarifs du péage du tunnel à partir de 2005. Cette proposition a "pour objet de stimuler le développement du trafic ferroviaire voyageurs et marchandises, d'améliorer notre rentabilité et de sécuriser, une fois pour toutes, notre situation financière", a déclaré le directeur général Richard Shirrefs, cité dans le communiqué du groupe.Mais pour que cette stratégie prenne corps, Eurotunnel a besoin du feu vert de ses partenaires industriels et financiers. L'exploitant du tunnel sous la Manche leur demande pas moins que d'accepter une réduction significative de sa dette financière et de ses charges d'intérêt, ainsi que l'allongement de l'échéancier de remboursement. D'ores et déjà, Eurotunnel prévoit d'engager "des discussions constructives" avec les parties concernées et indique rechercher "un accord de principe courant 2004 pour une mise en oeuvre en 2005". La dette d'Eurotunnel s'est établie en 2003 à 9 milliards d'euros, contre 10 milliards un an plus tôt.A la Bourse de Paris, le marché réagit plutôt mal à ces annonces. L'action cède près de 5,5% en clôture, à 0,52 euro.Les minoritaires d'Eurotunnel appelés à montrer leurs muscles le 7 avril. C'est à cette date que se tiendront les assemblées générales d'Eurotunnel, celle normalement prévue pour approuver les comptes 2003 et celle obtenue en justice par les actionnaires contestataires. Cette dernière sera l'occasion pour les frondeurs, emmenés par l'Association de défense des actionnaires d'Eurotunnel (Adacte) et l'éditeur de presse boursière Nicolas Miguet, de demander la révocation de l'actuel conseil d'administration et son remplacement par une nouvelle équipe.

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