Les marchés en alerte

11 mars, 11 septembre. Il est des coïncidences (?) de calendrier amères. Le quadruple attentat de Madrid, qui a fait 200 morts, et sa revendication par le réseau islamiste Al-Qaïda risquent de faire planer de nouveau l'ombre terrifiante du terrorisme sur les populations, mais aussi sur les économies et les marchés. Ces derniers avaient accusé le coup, au lendemain des attentats du World Trade Center : le CAC 40 avait plongé de 17% en neuf séances, avant de reprendre il est vrai rapidement du poil de bête. Ironie du calendrier, l'indice parisien se retrouve actuellement à ses niveaux planchers atteints à la toute fin septembre 2001. Un seuil toutefois largement enfoncé il y a tout juste un an, le 12 mars 2003, à la veille du lancement de l'offensive anglo-américaine en Irak : le CAC 40 avait touché un nouvel étiage, son plus bas niveau depuis six ans, tandis que le FTSE londonien s'effondrait à un record de déprime depuis huit ans....Un an après cette débandade, les marchés ont commémoré dans une grande nervosité cet anniversaire. Depuis, ils se sont vigoureusement ressaisi, rebondissant de 30% pour le Dow Jones et le CAC 40, de 50% pour le Nasdaq et même 60% pour le Dax à Francfort. Un tournant de calendrier d'autant plus difficile à négocier que certaines voix s'élèvent déjà pour signaler de nombreuses affaires surévaluées, notamment dans la technologie. Si le vert a curieusement dominé la séance de vendredi, alors que les Basques de l'ETA restaient la piste privilégiée par les enquêteurs à la recherche des auteurs des attentats madrilènes, la semaine s'est close dans le rouge profond: à Wall Street, comme à Londres et à Francfort, les indices ont effacé l'intégralité de leurs gains de l'année. Le CAC 40 a joué les irréductibles gaulois en conservant une avance de 2,9%. La donne pourrait changer aujourd'hui. Après le choc et l'émoi, le règne de la terreur diffuse pourrait revenir asservir les marchés en prenant plusieurs formes : un nouveau coup d'arrêt au secteur aérien et au tourisme en général ou, plus grave encore, l'étouffement dans l'oeuf d'une reprise naissante de l'économie européenne. Une chose semble quasi sûre : la flambée de la prime de risque. Or c'est précisément son dégonflement dès les premières victoires américaines en Irak qui avait donné le signal du "rally" boursier. Sa remontée devrait retentir comme un signal d'alarme. Attention: décrue des marchés programmée...

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