Le dollar poursuit son redressement face à l'euro

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C'est un fort mouvement de repli qu'a enregistré jeudi matin l'euro face au dollar. Dans la matinée, la monnaie unique est tombée jusqu'à un plus bas de 1,3165 dollar, après avoir enfoncé la barre de 1,32 dollar un peu plus tôt. Un mouvement qui s'explique largement par les récents propos de la Réservé fédérale américaine laissant augurer d'une poursuite du relèvement des taux d'intérêt américains.Si le dollar nous avait habitués à de forts mouvements de baisse ces derniers temps, sa remontée engagée depuis quelques jours n'en est pas moins spectaculaire: la devise américaine gagne actuellement grosso modo un centime par jour. Alors qu'elle se traitait hier au plus haut à 1,3302 dollar pour un euro, elle est passée ce matin franchement sous la barre de 1,32. Une remontée qui s'observe également vis-à-vis des autres devises: le dollar se négociait ce matin à 104,87 yens, contre 104,17 yens mercredi soir.L'euro se retrouve ainsi à son plus bas niveau depuis le 10 décembre. Un repli d'autant plus spectaculaire que la monnaie européenne a touché la semaine dernière seulement son plus haut historique face au dollar, à 1,3666 dollar.Pourquoi un tel renversement de tendance? Tout indique, en fait, qu'il s'agit bien davantage d'un ajustement technique que d'un changement de fond. L'élément déclencheur semble bien être la publication, mardi soir, des minutes de la réunion du mois dernier du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. Ce document fait en effet clairement apparaître la détermination des responsables de la Fed à poursuivre le mouvement de hausse des taux d'intérêt américains.Le mois dernier, la Réserve fédérale avait relevé son taux directeur pour la cinquième fois consécutive, en le portant à 2,25%. Une décision qui le faisait passer au dessus du taux de la Banque centrale européenne (fixé à 2%) pour la première fois depuis avril 2001. Certains observateurs s'étaient alors demandés si la Fed n'allait pas marquer une pause dans son mouvement de hausse des taux. Mais il n'en sera rien: les minutes de cette réunion montrent clairement que le Comité de politique monétaire n'entend pas changer de stratégie. Les risques de tensions inflationnistes justifient toujours, selon lui, des relèvements de taux.Dès lors, considérant que la BCE ne compte pas, pour sa part, relever ses propres taux, il est clair que le différentiel des taux d'intérêt au profit du dollar devrait s'accroître dans les mois qui viennent. Dès lors qu'un placement en dollars rapportera de plus en plus par rapport à un placement en euros, il n'est guère étonnant que la devise américaine retrouve quelques couleurs.Il n'en demeure pas moins que les raisons de fond qui justifient la faiblesse du dollar, à savoir les gigantesques déficits des échanges extérieurs et du budget des Etats-Unis, demeurent. Dès lors, les observateurs s'attendent davantage à une correction de la parité euro/dollar qu'à une réelle inversion de tendance.Dans ce contexte mouvant, la publication demain après-midi des chiffres du chômage américain en décembre sera suivie avec le plus vif intérêt par les marchés. Les économistes tablent sur la création de 175.000 emplois le mois dernier. Mais la publication, cet après-midi, des inscriptions hebdomadaires au chômage n'incite pas à l'optimisme: elle se sont élevées à 364.000, nettement plus que les 330.000 attendues par les économistes. Ce qui a d'ailleurs suscité un léger rebond de l'euro, qui se traitait en fin d'après-midi à 1,3189 dollar.En tout cas, l'affaiblissement relatif de l'euro a été bien accueilli par les Bourses européennes: il signifie en effet un redressement de la compétitivité des entreprises du continent sur les marchés internationaux. La plupart des places européennes se sont donc inscrites en progrès. A Paris, le CAC 40, qui avait commencé la matinée en faible hausse, a clôturé sur un gain de 0,71%.

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