Avril sur le fil

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Mars et ses giboulées s'en sont allés, voici poindre avril, ce mois que le proverbe associe à la prudence et la frilosité. Les investisseurs sauront-ils se départir de cette réserve qui leur tient lieu de conduite à Wall Street depuis le début de l'année? Le Dow Jones des 30 actions vedettes et l'indice élargi S&P 500 se sont tous deux repliés de 2,6% au cours du premier trimestre, tandis que l'indice riche en valeurs technologiques Nasdaq a fondu de 8,1%. Cette morosité n'a pas cours à la Bourse de Paris, où le CAC 40 peut plastronner du haut de son avance de plus de 6% depuis janvier...L'arrivée du printemps, officialisée par le changement d'heure ce week-end outre-Atlantique, et la nouvelle saison de résultats trimestriels à laquelle le géant de l'aluminium Alcoa donnera le coup d'envoi mercredi, pourraient réchauffer les ardeurs acheteuses des investisseurs. Avril n'est-il pas statistiquement le meilleur mois de l'année pour le Dow Jones depuis 1950, selon le Stock Trader's Almanac?Pas de pêche miraculeuse cependant vendredi 1er avril pour la première journée du deuxième trimestre: le Dow a plongé de 0,95% et le Nasdaq de 0,72%. La faute une fois de plus au pétrole: le cours du brut s'est envolé à un nouveau record historique en séance sur le Nymex, à 57,50 dollars. Et certains experts continuent d'agiter le chiffon rouge, ceux de Goldman Sachs n'hésitant pas à pronostiquer une flambée jusqu'à 105 dollars! Désorientés, les grands fonds traditionnels restent aux portes du marché, laissé aux mains des fonds spéculatifs et de court terme. Dans ce climat plus propice à la nervosité qu'aux espoirs de renouveau, les investisseurs, sur le fil du rasoir, en quête du moindre signe, pourront tenter de trouver quelque réconfort dans les propos de l'un des gourous de la Bourse américaine, le président de la Réserve fédérale Alan Greenspan. Celui-ci doit s'exprimer à trois reprises cette semaine, dont fort opportunément sur la situation énergétique, demain, à la conférence internationale de la pétrochimie à San Antonio au Texas. Il doit ensuite témoigner mercredi devant la commission bancaire du Sénat et évoquer l'inflation, aux dernières statistiques très contradictoires. A défaut de rassurer, au moins saura-t-il dissiper le brouillard qui prévaut sur l'état de l'économie américaine. Et peut-être lever le voile sur la politique monétaire à venir. De quoi inciter enfin les grands fonds à se découvrir...

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