La bataille du 9 juin

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A l'ultimatum lancé par le conseil d'administration d'Havas le 13 avril, Vincent Bolloré a choisi de répondre avec des représailles massives, mais juridiquement inattaquables. Le premier actionnaire du groupe publicitaire, et de loin depuis son incursion surprise en juillet dernier avec désormais plus de 20% du capital, a pris au mot le management. Sommé de déposer dans les dix jours ses éventuels projets de résolutions à soumettre à l'assemblée du 9 juin, comme tout détenteur de plus de 5% des titres, l'homme d'affaires breton a mis cartes sur table vendredi en dévoilant ses quatre propositions. Il réclame rien moins que quatre postes pour représenter ses intérêts au conseil et se lance à titre personnel dans la bataille puisqu'il soumettra au vote sa propre nomination. Une déclaration d'intérêt prononcé - ou bien de guerre, diront certains...L'appel à la résistance lancé par le PDG, Alain de Pouzilhac, auto-proclamé "défenseur de l'objet social de l'entreprise" et protecteur des "15.000 collaborateurs et des clients" contre un éventuel "dépeçage" que lancerait cet investisseur "dont on ne sait s'il est un raider ou un industriel", perd quelque peu de sa légitimité. Il s'était engagé à mobiliser un contingent équivalent à celui du camp adverse d'ici au 9 juin, date de l'assemblée convoquée à la Maison de la Chimie, qui promet d'être explosive. L'absence de représentation d'un actionnaire d'un tel poids eut été une anomalie et lui faire obstacle pourrait apparaître comme un caprice d'autocrate jaloux de son pouvoir et rétif à toute tentative de contrôle extérieur. Havas ne brillait guère par sa gouvernance exemplaire, et la sur-représentation des administrateurs "maison", donc juges et parties, était épinglée par les analystes depuis quelques semaines. La guerre de tranchées va-t-elle commencer ? Pour l'heure, c'est déjà la guerre des communiqués. Certes, Vincent Bolloré a témoigné de son intention de s'impliquer dans le devenir d'Havas. Pour autant, est-il bien intentionné à l'égard de son management? Et en particulier envers le PDG, qui a redoré son blason avec un redressement opérationnel assez spectaculaire l'an passé? Il est permis de se poser la question. Le coup d'envoi de la bataille du 9 juin aura en tous cas donné un bon coup de pub à l'action Havas: elle a flambé de plus de 4% vendredi pour atteindre son plus haut niveau depuis plus d'un an...

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