Club Med renoue avec les bénéfices et joue le haut de gamme

 |  | 632 mots
Lecture 3 min.
"L'année 2005 est une année fondatrice du nouveau Club Med", s'est exclamé ce matin son président Henri Giscard d'Estaing, lors d'une conférence de presse. En effet, en plus d'opérer un important virage stratégique, Club Med a retrouvé la voie des bénéfices. Le groupe français de tourisme a affiché, pour la première fois depuis 2000, un résultat annuel dans le vert pour son exercice 2004-2005 (clos le 31 octobre 2005). Les profits se sont élevés à 4 millions d'euros contre une perte nette de 44 millions d'euros en 2003-2004.Certes, ce bénéfice est dû à un résultat exceptionnel positif de 43 millions d'euros, lié en particulier à la cession d'actifs immobiliers. Le groupe a cédé pour 245 millions d'euros de murs de ses villages, dont un ensemble représentant 164 millions d'euros a été vendu à la foncière française Gecina. Ces cessions s'inscrivent dans le cadre d'une politique immobilière de désengagement de Club Med. Une stratégie en vogue chez tous les grands groupes de tourisme, ainsi que chez Accor, l'actionnaire principal de Club Med, avec 28,9% de son capital. Le groupe dirigé par Henri Giscard d'Estaing prévoit des cessions immobilières "de l'ordre de 20 millions d'euros pour 2006", selon son directeur financier Michel Wolfovski.Parallèlement au produit exceptionnel de ces cessions, le groupe a amélioré son résultat opérationnel. Il s'est inscrit à 22 millions d'euros, contre 17 millions d'euros un an plus tôt, soit une hausse de 29% d'une année sur l'autre. Une progression attribuable en grande partie à l'amélioration de la rentabilité, alors que la marge opérationnelle atteint 1,3% contre 1% l'année précédente. Club Med enregistre ainsi les premiers effets de son recentrage stratégique vers le haut de gamme. Le groupe dirigé par Henri Giscard d'Estaing s'est tourné depuis un an et demi vers le relèvement de sa gamme de produits pour favoriser la croissance et surtout obtenir une meilleure rentabilité de ses villages.Le chiffre d'affaires a reculé de 0,4% à 1,59 milliard d'euros en un an. Les cyclones de l'automne dernier (Katrina, Rita et Wilma) dans les Caraïbes ainsi que le tsunami en Asie du Sud-Est fin décembre 2004 ont pesé pour 49 millions d'euros sur le chiffre d'affaires, selon Club Med. Ces catastrophes naturelles ont provoqué la fermeture de quatre villages comme celui de "Cancun au Mexique après le passage de Wilma" en octobre dernier, selon Michel Wolfovski. A cela s'est ajouté un effet volume dû à une baisse des réservations de 13 millions d'euros. Ces effets négatifs ont été en partie compensés par un effet prix de 55 millions d'euros. Celui-ci est directement induit par une augmentation des prix des offres Club Med en raison de son positionnement sur le haut de gamme.Ce virage stratégique a été entrepris en juin 2004. Il correspond à l'arrivée massive du géant du tourisme Accor dans le capital de Club Med. A l'époque, la Caisse des Dépôts avait échangé sa participation dans Club Med avec Accor. Ainsi, le groupe dont Gilles Pélisson prendra les rênes en janvier prochain détient aujourd'hui 28,9% du capital de Club Med. Depuis, les deux groupes ont mis en place une politique de développement des synergies dans les achats, le rapprochement de certaines de leurs équipes, des partenariats entre leurs offres. Les deux groupes avaient prévu un objectif commun de 17 millions d'euros de synergies. Celles-ci sont décevantes puisqu'elles atteignent 6 millions d'euros pour Accor et 5 millions pour Club Med. Pour l'exercice 2006, les synergies devraient atteindre 26 millions d'euros, réparties entre Accor à hauteur de 14 millions d'euros et Club Med pour 12 millions d'euros. A l'origine, Club Med et Accor prévoyaient des synergies de 33 millions d'euros pour 2006.En Bourse, le titre Club Med a clôturé en baisse de 0,26% à 37,90 euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :