Les attaques financières, principale menace contre les entreprises, selon les RG

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Une note des RG, consultable dans son intégralité sur ce site, recense 1578 cas d'agressions contre des entreprises depuis le début de l'année. Elles proviennent d'abord de concurrents français et ne concernent pas en majorité les secteurs stratégiques.

L'attaque financière représente l'arme favorite d'une guerre économique toujours plus virulente. Les vols de documents ou le piratage informatique, tellement craints, figurent loin derrière dans le palmarès des attaques contre les entreprises françaises établi par la section financière de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG). Dans une note intitulée "Intelligence économique défensive : physionomie nationale du risque financier", consultable dans son intégralité ci-contre (1), les spécialistes des RG remettent en cause quelques idées reçues bien ancrées.

Ainsi, celle-ci, la guerre économique n'est pas seulement un thème de colloque. Les RG recensent 1578 cas de vulnérabilités ou d' "agressions économiques hostiles" dans 888 entreprises, entre le début de l'année et fin novembre 2006. Ce chiffre est, à lui seul, un renseignement : il donne une réalité chiffrée à la dureté de la compétition économique.

Celle-ci devient même toujours plus technique. Avec plus de 35 % des modalités d'agression, le risque financier arrive largement en tête des méthodes d'agression contre une entreprise. Il est suivi, et de loin, par les intrusions, par les atteintes aux savoirs-faire et les attaques physiques. En fin de liste, on trouve les risques humains ou informatique et les atteintes à la réputation.

Pour les RG, les attaques financières sont de nature très diverses. Organisées par un agresseur, et non pas seulement conséquence de vulnérabilités internes, elles vont d'un paiement trop tardif (le risque le moins élevé) jusqu'à la prise de contrôle (le plus fréquent). Cette liste montre bien que le choix des armes est particulièrement étendu. Toutefois, ces agressions financières sont moins souvent menées à leur terme, en raison de la technicité exigée, que de simples attaques physiques ou informationnelles.

Les RG montrent que les agresseurs sont essentiellement motivés par le critère "secteur d'activité" et non pas par la localisation géographique de l'entreprise, par ses résultats financiers ou par son caractère stratégique. Les entreprises attaquées relèvent de 93 secteurs différents, mais près de la moitié sont concentrées dans 14 secteurs, avec, en tête, l'automobile, la métallurgie-sidérurgie, l'aéronautique ou l'emballage. Les secteurs de la défense et de l'informatique figurent loin derrière dans ce classement des entreprises attaquées.

Cette analyse met donc en cause l'idée reçue d'une guerre économique menée d'abord par des états souhaitant s'emparer de secteurs stratégiques. Elle est en fait menée par des entreprises contre leurs concurrents.

Ceci est confirmé par la nationalité des agresseurs. Les RG ont identifiés 368 auteurs de ces attaques. Ils sont originaires de 34 nationalités. Et ce sont les Français les plus agressifs, toutes techniques utilisées, suivis par les Américains puis les Chinois. Les Français sont aussi les plus nombreux à utiliser les attaques financières, suivis par les Américains et les Allemands. Chinois et Japonais préférant d'autres modalités d'attaques, comme l'utilisation de stagiaires.

En clair, ce sont d'abord des entreprises françaises qui attaquent d'autres entreprises françaises. Ces guerres hexagonales sont d'ailleurs plus virulentes que celles concernant des attaques transfrontalières, comme a pu le montrer la guerre menée autrefois par Thomson (devenu Thales) contre Matra. Les conséquences de cette affaire, récemment jugée, bouleversent encore le paysage économico-politique national.

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