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Rafael Correa donné vainqueur de la présidentielle en Equateur

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Publié le 27 novembre 2006 à 23:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:38

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C'est un proche du président vénézuélien Hugo Chavez qui a été élu dimanche à la tête de l'Equateur. Il veut rejoindre l'Opep, et renégocier les contrats pétroliers ainsi que la dette extérieure.

Le candidat de gauche Rafael Correa est donné vainqueur de l'élection présidentielle en Equateur de dimanche. Il est crédité de 56,9% des voix, soit une avance de quelque 14 points sur son rival, le magnat de la banane Alvaro Noboa. Le vote de la population indienne, qui représente la moitié des Equatoriens, a joué nettement en faveur du candidat de gauche.

Proche du président vénézuélien Hugo Chavez, Rafael Correa avait martelé pendant la campagne qu'il voulait renégocier les contrats pétroliers, la dette extérieure de 11 milliards de dollars, soit le quart de la richesse nationale, et en finir avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. "Cela suffit. Moins nous aurons de relations avec cette bureaucratie internationale incompétente et indolente, mieux nous serons", avait-il affirmé, promettant d'"expulser le représentant de la banque mondiale".

Chrétien élevé chez les salésiens, ce professeur d'économie âgé de 43 ans, qui a étudié en Belgique et aux Etats-Unis, souhaite intégrer l'Equateur dans "un axe progressiste" formé, selon lui, par l'Argentine, le Brésil, le Chili, la Bolivie, l'Uruguay et le Venezuela.

Ancien ministre de l'Economie et nationaliste ouvertement anti-américain, Rafael Correa a déclaré dès l'annonce de son succès qu'il souhaitait que son pays puisse "rejoindre l'Opep", Organisation des pays exportateurs de pétrole que l'Equateur avait quitté en 1992. Il souhaite également une renégociation des contrats pétroliers avec les multinationales opérant dans le pays, cinquième producteur d'Amérique latine avec 543.000 barils de brut par jour dont 44,5% par la compagnie nationale Petroecuador.

"Les contrats des pétroliers seront changés car grand nombre d'entre eux ont été un hold-up pour le pays", avait-il observé soulignant que "sur cinq barils de pétrole, les multinationales nous en prennent quatre et ne nous laissent qu'un seul baril". Les exportations pétrolière de l'Equateur représentent 69% de la production, soit un revenu de 5,4 milliards de dollars de janvier à septembre 2006.

Le nouveau président équatorien hérite d'une économie stable avec un excédent commercial de 1,12 milliard de dollars provenant principalement des fortes hausses des prix du pétrole. En 2006, la richesse nationale devrait croître de 4,30% alors que l'inflation annuelle est estimée à 3,3%.

Appelant à "dépasser les mensonges du néo-libéralisme", Rafael Correa, même s'il se défend d'être marxiste, exhorte les Equatoriens à "découvrir ce qui s'appelle en Amérique latine le socialisme du XXIe siècle", une formule empruntée à Hugo Chavez qu'il revendique comme un "ami personnel".

"Je suis humaniste, chrétien, de gauche. Humaniste, parce que pour moi, la politique et l'économie sont au service de l'homme. Chrétien, parce que je me nourris de la doctrine sociale de l'église. De gauche, parce que je crois en l'équité, la justice et la suprématie du travail sur le capital", avait-t-il déclaré lors d'un entretien à l'AFP (Agence France Presse).

Sur le plan social, il veut former un nouveau gouvernement plus socialiste qui garantira l'éducation, la santé et le droit au logement. "Le chômage frôle les 11%, le travail au noir les 40%, et la pauvreté extrême se maintient à 25%. Cette réalité exige des réponses radicales", affirme-t-il. Il a d'ores et déjà annoncé qu'il appliquerait un impôt sur les capitaux spéculatifs.

Les résultats officiels de l'élection présidentielle ne sont pas attendus avant mardi ou mercredi, a averti le Tribunal suprême électoral. Dans une conférence de presse, le conservateur Alvaro Noboa a déclaré qu'il "n'acceptait pas les résultats car il n'y a pas de résultats officiels". "C'est un scénario qui a été préparé" en faveur de Correa, a accusé l'homme d'affaires, première fortune du pays, à la tête de 120 entreprises.

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