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"La ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin doit être une priorité"

La Tribune

Publié le 12 décembre 2006 à 00:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:42

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Alessandro Bianchi, ministre italien des Transports, appelle la France à la patience face à la contestation du projet de TGV franco-italien. Il exhorte les chemins de fer italiens à se réformer et envisage des alliances dans le fret ferroviaire.

La Tribune.- Au vu de sa contestation dans la vallée italienne de Suse, la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin est-elle pour l'Italie une priorité?

Alessandro Bianchi.- La ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin doit être une priorité. Cette ligne correspond au "Corridor V" européen, soit la liaison qui reliera Barcelone à Kiev, et qui ne peut pas ne pas passer par l'Italie. Sinon, ce serait une perte pour notre pays. Le ministre français des Transports, Dominique Perben, m'a invité à Paris le 19 décembre à ce sujet. Je crois que le gouvernement français et le Commissaire européen, Jacques Barrot, attendent avec impatience que nous signions les accords définitifs pour la réalisation du Lyon-Turin. Mais nous avons besoin encore de quelques mois afin de retrouver le dialogue avec les collectivités locales et la population italiennes opposées à cette ligne.

Tant que nous n'aurons pas retrouvé un possible dialogue, il sera difficile de faire repartir ces travaux. D'un point de vue technique, les problèmes peuvent être résolus, actuellement un tracé alternatif, via la vallée italien de Sangone, est étudié.

Côté transport ferroviaire, la compagnie nationale de chemins de fer Ferrovie dello Stato (FS) s'est déclarée récemment au bord de la faillite...

Nous sommes en train de trouver les ressources financières pour relancer les chemins de fer italiens (FS), notamment pour faire des investissements et "boucher" les trous, c'est-à-dire les recapitaliser, afin qu'ils soient hors de danger de faillite. Mais pour éviter de se retrouver de nouveau dans cette situation, ils doivent changer de façon substantielle de comportement. Comme Alitalia, les FS ont été "pollués" par l'influence politique italienne.

Et puis les FS gaspillent beaucoup de leurs ressources: on peut y récupérer des marges énormes. Les Ferrovie ont deux visages: d'une part la division qui construit les voies et a développé les technologies les plus avancées, comme les lignes à grande vitesse, et d'autre part, la division gérant le service des chemins de fer, Trenitalia, qui est en faillite et doit être repensée de fond en comble.

Mais il ne faut pas raisonner en termes de fermeture des lignes ferroviaires non-rentables. En fait, il n'y a pas de demande pour ces lignes car l'offre était de trop mauvaise qualité et personne ne veut les utiliser.

La situation du fret ferroviaire des FS ne semble guère plus brillante...

Le service fret des FS n'est pas compétitif, n'importe qui peut faire mieux. Le grand pari consisterait pour les chemins de fer italiens de devenir un opérateur de logistique. Mais pour y arriver, ils devront faire preuve d'une capacité qu'ils n'ont démontré avoir jusqu'ici.

Les chemins de fer italiens pourraient-ils passer une alliance dans le fret pour s'en sortir?

Pourquoi pas? Comparés aux grands opérateurs de logistique allemands, nous sommes encore des nains. La solution pour le fret des FS pourrait être d'avoir deux grands alliés utilisant l'énorme réseau ferroviaire italien.

La Tribune

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