L'immigration, plat de résistance du Conseil européen

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Soulagés par le règlement du dossier turc par leurs ministres des Affaires étrangères, lundi dernier, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pourront consacrer leurs débats à l'immigration, sujet phare à l'ordre du jour du Conseil européen qui s'ouvre ce jeudi à Bruxelles. Au-delà de la formulation de bonnes intentions, il semble difficile que les Vingt-Cinq puissent parvenir à des progrès sensibles tant le sujet divise les Etats membres.

Alors que la Commission européenne souhaite la communautarisation de la politique des migrations légales dans l'Union, l'Allemagne mais aussi la France, où la politique en matière d'immigration devrait devenir l'un des thèmes incontournables de l'élection présidentielle, s'opposent à tout transfert de souveraineté dans ce domaine. Elles estiment qu'il est de la compétence des Etats membres de définir leurs politiques d'immigration en fonction de leurs besoins. "Il doit être clair que la responsabilité première en matière migratoire doit rester aux Etats, qui doivent pouvoir décider, en fonction des caractéristiques qui leur sont propres, au regard de la situation de leur marché du travail et au regard de leur capacité d'accueil", a observé hier le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, à l'Assemblée nationale, lors d'un débat préalable au Conseil européen.

La Commission européenne, partisane de développer une politique européenne d'immigration légale avec l'Afrique, a suggéré le 30 novembre de créer des "centres de migration" dans les pays d'émigration, où se confronteraient les besoins des marchés du travail des Etats membres de l'UE avec les profils des candidats. Elle a toutefois écarté toute politique de quotas. Elle propose également le renforcement des contrôles des frontières maritimes, une meilleure articulation entre politiques migratoires et politiques de développement, ou encore l'intensification du dialogue avec les pays d'origine. Confrontée à un déferlement sans précédent de clandestins africains sur les côtes de l'archipel des Canaries, l'Espagne, en particulier, insiste sur l'urgence d'une politique d'immigration commune et soutient les propositions de la Commission. Elle est notamment suivie par l'Italie et la Grèce.

Les Vingt-Cinq devraient par ailleurs confirmer le ralentissement du processus d'élargissement de l'UE. Après le gel partiel des négociations d'adhésion de la Turquie, ils devraient avoir l'esprit suffisamment apaisé pour arrêter une stratégie plus générale soulignant que celle-ci doit, selon le projet de conclusions préparé par la présidence finlandaise, "maintenir et approfondir son propre développement tout en poursuivant son programme d'élargissement". Bref, après les adhésions de la Roumanie et de la Bulgarie déjà acquises pour 1er janvier prochain, il ne pourra pas y avoir de nouveaux élargissements tant que l'Union ne se sera pas réformée, tout particulièrement en matière institutionnelle.

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