Emirates exige des indemnités d'Airbus

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Cheikh Ahmed Bin Saeed Al-Maktoum, PDG de la compagnie de Dubaï, premier client de l'A380 avec 45 commandes, exige des indemnités d'Airbus au sujet du retard de deux ans des livraisons du très-gros porteur. C'est la première fois qu'un dirigeant de la compagnie s'exprime publiquement sur ce sujet.

Alors qu'Airbus vient d'achever ses négociations avec Singapore Airlines et la compagnie australienne Qantas au sujet des retards de deux ans de l'A380 avec en prime des commandes supplémentaires pour son avion géant, la compagnie aérienne de Dubaï, Emirates, lui met une nouvelle fois la pression. "Nous tenons à des compensations car nous avons subi d'énormes dommages en raison de ces retards. Les compensations sont désormais un droit acquis pour nous", a déclaré ce matin cheikh Ahmed Bin Saeed Al-Maktoum, au quotidien Al-Bayane, organe officiel du gouvernement de Dubaï, sans préciser le montant des indemnités demandés. "Il a déjà été dit qu'il y avait des discussions en cours avec les compagnies au sujet" des compensations pour les retards de livraison, a dit la porte-parole d'Airbus à l'Agence France Presse (AFP). "Ce n'est pas quelque chose de nouveau", a-t-elle ajouté.

Début octobre, le journal britannique The Observer avait rapporté qu'Emirates avait demandé à Airbus une compensation financière de 150 millions de livres (223 millions d'euros), un chiffre démenti alors par la compagnie.

Néanmoins, c'est la première fois depuis l'annonce des derniers retards de l'A380 en octobre qui a repoussé la première livraison des 43 appareils commandés (45 avec ceux loués à ILFC) à août 2008 (contre octobre 2006 initialement) qu'un dirigeant d'Emirates réclame publiquement des dédommagements. Le signe est d'autant plus fort qu'il émane du PDG en personne, alors que jusqu'ici seuls Tim Clark, directeur général, ou Maurice Flanagan, vice-président exécutif de la compagnie, s'étaient exprimés sur le dossier Airbus. Ces derniers ont toujours indiqué que la question des pénalités était secondaire. Leur priorité était en effet de s'assurer de la fiabilité du calendrier de livraisons de l'avion, mais aussi de ses performances.

De fait, la menace d'une annulation semble une nouvelle fois balayée: "après le premier retard, nous avions une option pour annuler la commande mais nous ne l'avions pas fait car les conséquences auraient été plus graves", a indiqué cheikh Ahmed dans son entretien. "Le problème, c'est qu'il n'y avait pas d'alternative. Il était difficile de parler d'une annulation de la commande et de l'achat de nouveaux avions sur le marché car la livraison de ces avions aurait coïncidé avec celle des A380. La marge de manoeuvre était très limitée", a-t-il expliqué. Emirates a compensé les retards de livraison de l'A380 en louant six Boeing 777 mais cela "ne couvre que très partiellement notre programme initial" de développement, a encore dit le président de la compagnie.

Reste que, les négociations avec Airbus vont au-delà du seul cas de l'A380. Elles concernent aussi l'A350, le nouveau biréacteur européen (250-350 sièges), lancé début décembre. En effet, Emirates "pourrait prendre une décision courant 2007" sur la commande d'une centaine d'appareils de cette catégorie, un appel d'offre qui oppose l'A350 au B787 de Boeing.

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