Le cimentier mexicain Cemex prolonge son OPA sur l'australien Rinker

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Le troisième cimentier mondial, qui avait lancé le 29 octobre une OPA hostile de 13 milliards de dollars sur l'australien Rinker, vient de repousser au 31 janvier la clôture de celle-ci. En cas de victoire, le Mexicain se renforcerait aux Etats-Unis.

Cemex persiste et signe. L'industriel mexicain, numéro trois mondial du ciment, a repoussé au 31 janvier la date de clôture de son offre à 12,8 milliards de dollars (près de 9 milliards d'euros) sur le groupe australien Rinker, un géant dans le ciment, les granulats et le béton qui réalise 85% de ses ventes aux Etats-Unis.

Les actionnaires de Cemex l'avaient exhorté hier à maintenir son OPA hostile sur l'Australien qui, pour l'heure, rejette toujours l'opération. Un rapprochement donnerait naissance à l'un des leaders mondiaux du secteur avec un chiffre d'affaires combiné de 23,2 milliards de dollars, rassemblant 67.000 personnes dans une cinquantaine de pays.

En cherchant à s'emparer de Rinker, le groupe de Monterrey, coté à Mexico et à Wall Street, tente de rééquilibrer son modèle économique. Essentiellement présent dans les pays émergents, l'industriel conforterait ainsi ses positions aux Etats-Unis. "Rinker est notamment présent en Floride avec deux usines de ciment et deux terminaux cimentiers, ainsi qu'une dizaine d'usines de béton prêt à l'emploi et une dizaine de carrières de cailloux. Il compte aussi en Arizona une cinquantaine d'usines de béton et une trentaine de carrières. Ses positions sont très complémentaires avec celles de Cemex qui est présent pour l'essentiel en Californie et dans le sud des Etats-Unis", décrypte pour La Tribune Jean-Christophe Lefevre-Moulenq, spécialiste du secteur des matériaux de construction chez ING.

Mais un tel rapprochement, s'il se concrétisait, ne constituerait-il pas une menace pour le français Lafarge? "Cemex est un groupe familial, qui a une bonne culture de résultats. Selon toute vraisemblance, il ne se départirait pas de cette culture et ne chercherait donc pas à perturber les prix", commente un analyste financier français sous couvert d'anonymat.

Au-delà, en demandant sa main à Rinker, Cemex se rapproche du modèle d'intégration adopté par Lafarge dans la mesure où il se renforcerait via Rinker dans le béton et les granulats. Cemex, comme son homologue suisse Holcim, ont longtemps considéré le béton prêt à l'emploi comme un métier qui n'était prioritaire. Aujourd'hui, à l'inverse, il le voit comme un métier à part entière, dans la mesure où c'est un moyen de contrôler le marché en aval. L'ensemble Cemex-Rinker deviendrait, selon l'Usine Nouvelle, le numéro trois mondial du ciment, le numéro un mondial du béton prêt à l'emploi et le numéro un mondial des granulats.

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