Prix du gaz : Gazprom multiplie les bras de fer

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Alors que le décès du président turkmène pourrait remettre en cause les juteux contrats gaziers de Gazprom, le géant gazier russe n'est toujours pas parvenu à se mettre d'accord avec la Biélorussie sur les tarifs de ses exportations en 2007. Du côté de l'Azerbaïdjan, les tractations sont dans l'impasse.

Le décès la semaine passée de Saparmourat Niazov, président du Turkménistan, laisse peser beaucoup d'incertitudes et pourrait remettre en cause les juteux contrats gaziers du géant russe Gazprom. En attendant de connaître le successeur de Niazov, Gazprom entend bien verrouiller les contrats dont il dispose avec d'autres pays.

Le géant russe a ainsi haussé le ton face à la Biélorussie. Il a prévenu lundi soir ce pays qu'il n'avait plus guère de temps pour négocier les tarifs de ses approvisionnements. Gazprom menace en effet de fermer les vannes de ses gazoducs si aucun accord sur une hausse des prix n'est trouvée d'ici le Nouvel An. En fin de matinée ce mardi, le monopole gazier russe n'est toujours pas parvenu à se mettre d'accord avec la Biélorussie sur les tarifs de ses exportations en 2007. Il espère toutefois qu'un texte voit le jour avant le début de l'année.

"Il y a eu des discussions avec le vice Premier ministre biélorusse, Vladimir Shemashko. Nous les avons interrompues sans signer de document. Mais nous pouvons encore nous rencontrer et nous mettre d'accord avant le début de l'année (2007). Le fil des discussion n'est pas cassé", a confié à l'agence Reuters Sergeï Kouprianov, porte-parole de Gazprom.

Gazprom souhaite porter le prix du gaz vendu à Minsk, qui paie actuellement 46,68 dollars les 1.000 mètres cubes, à environ 200 dollars. Sergueï Kouprianov a une nouvelle fois répété que Gazprom était prêt à accepter le paiement partiel du gaz en actions de la compagnie nationale gazière biélorusse Beltransgaz. "Nous avons discuté de la possibilité de toucher une partie en liquide, et le reste en actions de Beltransgaz pour avoir au final plus de 50% de cette compagnie", a souligné le porte-parole de Gazprom sur la radio Echo de Moscou.

Ce n'est pas le premier bras de fer que Gazprom lance. La guerre des prix entre l'Ukraine et la Russie avait entraîné l'hiver dernier des interruptions des livraisons de gaz russe transitant par l'Ukraine à destination de l'Europe occidentale. L'Ukraine voit transiter 80% des livraisons de gaz russe vers l'Europe et la Biélorussie 20%. Ce dernier pays sert de pays de transit pour 45 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l'Europe occidentale, l'Ukraine, l'enclave russe de Kaliningrad et les pays baltes. Minsk achète en plus 21 milliards de mètres cubes de gaz à la Russie pour sa propre consommation.

Sergueï Kouprianov avait accusé la semaine dernière la Géorgie, une autre ex-république soviétique en désaccord avec Moscou sur le prix du gaz, de "renoncer" à ses commandes de gaz russe pour 2007. Toutefois un accord a été très rapidement trouvé puisqu'une heure plus tard à ces déclarations, Gazprom avait annoncé la signature de contrats de livraison de gaz russe à Tbilissi, au prix demandé par Moscou, à savoir un prix de 235 dollars les 1.000 m3 de gaz (contre 110 dollars actuellement).

Du côté de l'Azerbaïjan, le président Ilham Aliev, habituellement très pondéré, a critiqué ce week-end, la politique de Gazprom, qui demande une importante hausse du prix du gaz à son pays, et jugé que les tractations étaient dans l'impasse. Les négociations avec Gazprom sont "sans résultat", a-t-il déclaré sur la radio russe Echo, au lendemain de négociations sur une hausse de tarif à 235 dollars les 1.000 m3 de gaz contre 110 aujourd'hui pour cette ex-république soviétique du Caucase. Le président Ilham Aliev a critiqué la politique de Gazprom, accusé d'être utilisé comme une arme politique par le Kremlin pour faire pression sur ses voisins de l'espace ex-soviétique.

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