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Le ralentissement immobilier pèse sur la croissance américaine

La Tribune

Publié le 27 octobre 2006 à 15:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:32

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Le Produit intérieur brut des Etats-Unis a crû de 1,6% seulement, en rythme annuel, au troisième trimestre, contre 2,6% au trimestre précédent, sous l'effet de la baisse du marché immobilier et de l'augmentation des importations du pays. Mais l'économie américaine semble toujours bien placée pour continuer à croître à un rythme modéré.

Le ralentissement déjà avéré de l'économie américaine se poursuit à un rythme un peu plus rapide que prévu. Selon la première estimation publiée aujourd'hui par le Département du Commerce, l'économie des Etats-Unis a enregistré au troisième trimestre de l'année une croissance de 1,6% en rythme annuel, soit nettement moins que les 2,6% du deuxième trimestre. Sans pour autant qu'il y ait des raisons de redouter un coût d'arrêt brutal à l'activité économique des Etats-Unis.

Le chiffre publié aujourd'hui se révèle assez nettement inférieur aux attentes des économistes. Selon le consensus établi par l'agence Bloomberg, ces derniers s'attendaient en moyenne à une croissance de 2% sur le trimestre. A 1,6%, le taux de croissance est le plus faible depuis le début de 2003. Principale raison pour ce ralentissement de l'économie: la rechute marquée du marché immobilier.

La construction de logements neufs a ainsi chuté à un rythme annuel de 17,4% sur le trimestre, ce qui n'avait pas été vu depuis 1991. Au trimestre précédent, le ralentissement de la construction n'avait été que de 11,1%. A lui seul, ce facteur a retiré 1,12 point au taux de croissance de l'économie américaine au troisième trimestre.

Deuxième raison principale du ralentissement: l'aggravation du déficit du commerce extérieur, passé à 639,9 milliards de dollars, contre 624,2 milliards au deuxième trimestre. Cet élément, qui résulte de l'abondance des achats de produits fabriqués à l'étranger réalisés par les consommateurs américains, a retiré 0,58 point à la croissance du trimestre.

A l'inverse, les dépenses des consommateurs, justement, ont progressé de 3,1% en rythme annuel, contre 2,6% pendant les trois mois précédents. La consommation a été stimulée par des revenus en hausse, ainsi que par la rechute des prix des produits pétroliers. Et le moral des consommateurs n'a donc pas été trop affecté par la fin de l'euphorie immobilière. L'investissement des entreprises a nettement accéléré, s'établissant à un rythme annuel de 8,6%, contre 4,4% au deuxième trimestre.

Si la performance globale de l'économie américaine est donc faiblarde sur la période, il n'y a, a priori, pas lieu de s'affoler et de redouter un coup de frein brutal à l'activité économique du pays. A bien des égards, le scénario d'un atterrissage en douceur de l'économie continue d'être le plus probable. Le retour au calme du marché immobilier est ainsi le bienvenu. Que le marché de la construction s'apaise après des années d'euphorie est une bonne chose, et rien n'indique que l'immobilier est en train de s'effondrer.

Quant à la consommation des ménages, qui représente 70% de l'activité économique, elle semble partie pour bien se tenir dans les mois qui viennent. La baisse des prix pétroliers devrait continuer à la soutenir, ainsi que la progression des salaires suscitée par la situation de quasi plein emploi qui règne actuellement aux Etats-Unis.

Tous ces éléments confirment la perspective évoquée par la Réserve fédérale américaine d'une "croissance à un rythme modéré" de l'économie dans les mois qui viennent.

En tout cas, il est clair que les chiffres annoncés aujourd'hui excluent toute perspective de nouvelle hausse des taux d'intérêt américains à court terme. La Fed a maintenu mercredi dernier son taux de référence à 5,25%. Et même si la banque centrale américaine continue à mettre en garde contre les dangers inflationnistes, une autre donnée publiée aujourd'hui ne peut que calmer ses craintes: l'indice des prix liés aux dépenses de consommation, hors coûts de l'alimentation et de l'énergie, a augmenté de 2,3% en taux annuel sur le trimestre, nettement moins que les 2,7% du trimestre précédent. Or, cet indicateur est l'une des mesures préférées de la Fed pour l'inflation.

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