L'Union de la diplomatie ou la Pax Europeana

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C'est peut-être parce que l'Europe a réussi son union économique qu'elle peut maintenant passer à la vitesse supérieure: la diplomatie. A quand la politique?

Certes, tout n'est pas encore parfait dans l'Europe de la diplomatie. Mais l'envoi prévu de quelque 7.000 soldats européens prouve au moins une chose: cette Europe là aussi avance. On se souvient de l'incapacité des mêmes Européens à faire face à la guerre dans les Balkans. Et des dissensions sur l'Irak. Cette fois-ci, même si l'on pourra toujours dire que, forte de ses liens historiques avec le Liban, la France a cherché à tirer la couverture à elle et que les Italiens l'attendaient au tournant en matière d'engagements pour envoyer des troupes sur le terrain ou proposer d'en prendre le commandement, il n'empêche: c'est l'Europe, avec des promesses de soldats venant de ces deux pays mais aussi d'autres, qui est à la pointe de l'action au Proche-Orient.

Qu'est-ce qui a changé entre les guerres en ex-Yougoslavie ou en Irak et les événements au Liban? L'Europe a sans doute tiré les leçons de ces cafouillages, funestes, en particulier dans le cas de l'ex-Yougoslavie. Le Proche-Orient est aussi, précisément, très proche de l'Europe et l'effet de dominos provoqué par une plus grande instabilité est considéré comme trop dangereux par Bruxelles. Il ne faudrait pas non plus oublier un autre élément: l'Europe économique est maintenant solide, et c'est un socle sur lequel Bruxelles peut s'appuyer pour d'autres dossiers, comme les dossiers diplomatiques. Pour essayer cette fois de parler d'une seule et même voix.

Toujours est-il qu'en tenant le rôle de leader dans l'envoi de soldats sur le terrain - ce dont ne veulent pas entendre parler les Américains (ni les Britanniques), l'Europe de la diplomatie semble prendre une nouvelle envergure. Elle qui s'était souvent contentée d'être un simple donateur dans la région devrait désormais y jouir d'une plus grande crédibilité. Certains spécialistes y voient même la possibilité d'un nouveau rôle européen, hautement stratégique, dans la région.

Mais évidemment, les mêmes experts restent prudents. D'abord, les soldats, européens dans leur majorité, devront faire vivre le nouveau mandat de la Finul. Ensuite, si l'Europe veut (ce qui semble être son rêve le plus cher) rivaliser avec les Etats-Unis en tant que puissance diplomatique, elle devra aussi faire preuve d'imagination, et trouver des solutions, en stimulant de vraies politiques de développement, au lieu de vouloir, comme les Américains ont cherché à le faire, y imposer la "démocratie". Bref, faire passer l'économique avant le politique - selon sa propre expérience.

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