La production industrielle française en net rebond

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La production industrielle a enregistré une reprise de 2% en mai, contre un repli de 1,4% en avril. Selon les économistes, ce mouvement ne présage pas pour autant d'une reprise soutenue dans les mois qui viennent.

Voilà une bonne nouvelle sur le front de l'économie: la production industrielle française a fortement rebondi au mois de mai, affichant une croissance de 2% sur le mois. Un chiffre qui marque un net redressement après la baisse de 1,4% du mois d'avril.

La performance de mai est même encore plus marquée s'agissant de la production manufacturière, qui exclut l'énergie et l'agroalimentaire. Celle-ci a en effet progressé de 2,5%, contre un repli de 0,9% en avril.

Ces chiffres, publiés par l'Insee en données CVS-CJO (c'est à dire corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables), se révèlent nettement supérieurs aux attentes. Les économistes tablaient en effet, selon le consensus Reuters, sur une augmentation de 1,2% seulement de la production industrielle.

Cette bonne performance a été tirée par l'automobile, qui a enregistré en mai un bond de 5,4% de sa production, après un repli de 1,8% le mois précédent. Le secteur des biens d'équipement s'est lui aussi bien comporté, avec une progression de 2,6%. Parmi les bons élèves figurent également la construction (+2,1%) et les biens intermédiaires (+2%). Les biens de consommation, pour leur part, n'ont engrangé qu'un plus modeste +1,8%. Mais au sein de ce dernier ensemble, l'habillement s'est bien comporté, avec +3,7%.

Au bas de l'échelle, les industries agroalimentaires n'ont crû que de 1,4%. Quant à l'énergie, elle a vu sa production reculer de 0,2%.

Supérieurs aux attentes, donc, ces chiffres sont salués ce matin par les économistes, mais sans enthousiasme excessif. Interrogé par Reuters, Jean-Louis Mourier, chez Aurel Leven, estime certes qu'il s'agit là d'un "très bon chiffre qui corrige la baisse plus forte qu'attendu du mois d'avril", et qui résulte en particulier du redressement de l'automobile.

Mais Jan-Eric Fillieule, chez HSBC France, estime qu'il faut "relativiser", notamment parce que, en dépit de ce rebond, l'automobile française demeure "dans une situation difficile". Et si l'économiste souligne que la croissance des biens d'équipement est encourageante, c'est pour ajouter que la production industrielle française demeure "poussive", en particulier par rapport à l'Allemagne.

Quant à Marc Touati, économiste de Natexis Banques Populaires, il estime que la croissance de la production industrielle "va rester temporaire". En effet, selon lui, "les fondamentaux de l'industrie française ne sont pas favorables, avec l'augmentation de l'euro, la remontée des cours du pétrole et la hausse des taux d'intérêt à court et à long terme". Du coup, estime-t-il, "il faut profiter de tels chiffres car on ne les reverra pas dans les prochains mois..."

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