Budget de la défense : Chirac interpelle les candidats pour 2007

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Le Chef de l'Etat demande à ce qu'après la fin de son mandat, les crédits militaires soient préservés. Un sujet important pour les candidats potentiels à la prochaine élection présidentielle compte tenu des sommes en jeu.

Faut-il couper dans le budget de la défense? C'est l'une des questions que doivent se poser les candidats actuels à l'élection présidentielle française de 2007. Voilà pourquoi Jacques Chirac est sorti du bois mardi sur ce sujet. Il a plaidé pour le maintien des budgets d'équipements militaires au delà de la fin de son mandat en 2007, jugeant qu'il en va de la "crédibilité de notre outil militaire et donc de notre sécurité".

Le Chef de l'Etat, également Chef des armées de par la Constitution de la Vème République, a fait cette déclaration en visitant le site du centre d'essai en vol de la Direction Générale pour l'Armement (DGA) du ministère de la défense à Istres (Bouches-du-Rhône). Le Président de la République a souligné à cette occasion que "la DGA doit être pourvue des moyens et ressources nécessaires". "Pour cela, j'ai veillé à ce que les efforts de la Nation soient à la mesure des besoins", a-t-il indiqué, ajoutant qu'"ils le sont depuis cinq ans. Ils devront être poursuivis à l'avenir car c'est la condition de la crédibilité même de notre outil militaire et donc de notre sécurité".

Jacques Chirac est en effet à l'origine de la Loi de programmation militaire (LPM) 2003-2008, qui met l'accent sur les matériels dont le taux de disponibilité avait considérablement baissé. Les crédits d'équipement des armées s'élèvent ainsi pour 2007 à 16 milliards d'euros. Mais à l'approche de l'élection présidentielle, les milieux militaires craignent que le budget de la Défense (qui représentent au total 12% des dépenses de l'Etat) ne fasse les frais de la nécessité de réduire la gigantesque dette de l'Etat. Or, 2007 sera l'année de la préparation de la prochaine LPM (2008-2012).

Peu de candidats se sont encore exprimés clairement sur le sujet. Traditionnellement, la gauche est plutôt favorable à une réduction des budgets de Défense. François Mitterrand, à cet égard, avait combattu ceux qui, dans son entourage, plaidaient pour une forte baisse des dépenses françaises en matière d'armement. Lionel Jospin avait, lui accepté l'érosion des budgets de défense.

A droite, la question est loin d'être tranchée. Le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, qui rêve d'être candidate en étant adoubée par Jacques Chirac, est sur la même ligne que ce dernier, à savoir un maintien ferme de l'effort budgétaire en faveur des armées. Mais Nicolas Sarkozy est à cet égard plus ambigu. En 2004, quand il était ministre de l'Economie, il avait plaidé pour une réduction des crédits militaires. La question tabou en la matière est celle du nucléaire qui absorbe une part non négligeable du budget d'équipement du ministère de la défense alors que la question de la dissuasion, depuis la fin de la guerre froide, fait potentiellement débat.

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