L'Iran menace de reprendre l'enrichissement d'uranium si son dossier est soumis à l'ONU

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Alors que se profile la saisine de l'ONU, le gouvernement iranien a menacé de reprendre le cas échéant son programme d'enrichissement d'uranium. Au plus haut depuis quatre mois vendredi, le pétrole n'a pas fini de grimper.

La crise iranienne est montée d'un cran ce matin. A l'évidence, le risque que la réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIE) puisse déboucher le 2 février sur la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU fait trembler Téhéran. "Si notre dossier va au Conseil de sécurité et quelles que soient les décisions qui y seront prises [...], le gouvernement reprendra, conformément à une loi votée par le Parlement, toutes les activités nucléaires suspendues volontairement, notamment l'enrichissement d'uranium à une échelle industrielle", a déclaré à l'AFP Hossein Entezami, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, en charge du dossier nucléaire.

Téhéran "mettra un terme à l'application volontaire du protocole additionnel qui prévoit des inspections surprises de ses sites nucléaires", a-t-il ajouté. "Nous sommes sous pression à l'intérieur du pays par certains groupes pour quitter le TNP (Traité de non-prolifération nucléaire) et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), mais le gouvernement insiste pour avoir une solution logique et pacifique et c'est pourquoi nous invitons les Européens à négocier", a-t-il insisté. Mais il a souligné que "le sujet des négociations ne peut être que l'enrichissement d'uranium à une échelle industrielle".
"Il ne peut y avoir de déviation dans les activités de recherche en laboratoire", a-t-il assuré.

La communauté internationale a vivement réagi à la reprise le 10 janvier des activités de recherche nucléaire par l'Iran. "S'il y a des inquiétudes sur la déviation de la production industrielle du combustible nucléaire, la République islamique est prête à coopérer dans le cadre du TNP et de l'AIEA pour donner toutes les garanties nécessaires. Si l'Iran avait un objectif militaire, il n'aurait jamais adhéré au TNP. Nous avons suspendu volontairement nos activités pendant deux ans et demi", a-t-il ajouté. "Nous ne demandons rien de plus que les droits prévus par le TNP et l'AIEA pour tous ses membres", a-t-il conclu.

Ce week-end, l'Iran se préparait déjà activement à la perspective de sanctions internationales (lire ci-dessous) en menaçant de réduire ses exportations pétrole et de faire monter les cours. A ces tensions s'ajoute la vague de froid qui parcourt l'Europe, avec des températures au plus bas depuis cinquante ans à Moscou, pour faire grimper les cours. Déjà vendredi, le cours du baril de brut sur le New York Mercantile Exchange sur l'échéance février clôturait au-dessus de la barre des 68 dollars le baril, à 68,48 dollars, à moins de trois dollars de son record historique.

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