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EADS tenté par le marché des véhicules militaires terrestres

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Publié le 26 avril 2006 à 03:20 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 18:25

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La direction du groupe d'aéronautique et de défense européen souhaite entrer sur le marché des véhicules militaires terrestres, via le rachat de constructeurs de chars d'assaut. Les noms de KMW, Rheinmetall et Giat ont été cités. Concernant le rachat des parts de BAE Systems dans Airbus, le prix demandé est jugé "astronomique".

Thomas Homberg, vice-président en charge de la stratégie d'EADS, vient de laisser entendre que le groupe pourrait bien s'attaquer au marché des véhicules militaires terrestres. "EADS analyse la façon dont nous pouvons nous positionner sur ce marché", a-t-il déclaré au cours d'un séminaire. Cette entrée pourrait se faire par un rachat dans le secteur et plus particulièrement les chars d'assaut. Il a mentionné l'étude de la possible reprise du fabricant de chars Krauss Maffei Wegman, pour lequel Siemens cherche depuis plusieurs années un repreneur pour sa participation de 49%. Ont également été cités Rheinmetall ainsi que le français Giat. EADS ne s'est pour autant prononcé sur aucun projet concret pour le moment.

"EADS ne peut ignorer ces marchés, mais doit-on soi-même construire les équipements, ou seulement s'assurer un accès? C'est ce que nous sommes en train d'analyser", a déclaré Thomas Homberg. Le groupe européen d'aéronautique et de défense détient déjà une part de 26% dans le finlandais Patria "qui pourrait servir de tremplin à une participation plus active à la consolidation du secteur", a-t-il expliqué. Hans Peter Ring, directeur financier du groupe, a quant à lui insisté sur le fait que le groupe allait "observer avec beaucoup d'attention les opportunités de consolidation dans l'industrie européenne de la défense dans ces prochaines années".

EADS, qui fabrique des hélicoptères à travers sa filiale Eurocopter et des avions militaires avec Eurofighter, a fait son entrée l'année dernière sur le secteur de la marine. Pour cela, il a racheté conjointement avec ThyssenKrupp une participation dans le groupe allemand de systèmes de guidage pour sous-marins Atlas Elektronik.

Au cours du séminaire qui s'est tenu hier à Dresde, Hans-Peter Ring a également déclaré que "le placement par DaimlerChrysler de ses actions EADS, par le biais d'un processus de vente anticipée, a suscité un intérêt important de la part d'investisseurs institutionnels américains et britanniques". Les actionnaires américains représentent maintenant 41% de l'actionnariat institutionnel. Les actionnaires institutionnels français détiennent 19% du capital, mais leur part est appelée à augmenter avec la cession des parts de Lagardère. "Notre capital devient de plus en plus international, c'est une question de temps avant que nous n'ayons des investisseurs d'Asie et du Moyen-Orient", a expliqué le co-président exécutif d'EADS, Tom Enders.

Après la cession d'une partie de leurs parts par DaimlerChrysler et Lagardère, le flottant d'EADS représente 49,5% du capital, dont les deux tiers aux mains d'investisseurs institutionnels. Le coup d'envoi à la recomposition du capital d'EADS et de sa filiale Airbus, dont EADS est actionnaire à hauteur de 80%, a été donné le mois dernier par DaimlerChrysler. Le constructeur automobile allemand a réduit au début du mois sa part à 22,5%, contre 37,5% auparavant. Une opération immédiatement suivie par la déclaration du groupe français Lagardère annonçant la cession de ses parts dans EADS, par étapes au cours des prochaines années.

Concernant la cession par BAE Systems de sa participation de 20% dans l'avionneur Airbus, Tom Enders, a qualifié d'"astronomique" le prix demandé par le Britannique. EADS avait par le passé évoqué une valeur de 3,5 milliards d'euros pour les parts d'Airbus détenues par BAE Systems, mais selon les analystes cette part pourrait se négocier beaucoup plus cher, jusqu'à 6,5 milliards selon la banque américaine Goldman Sachs. "Si les deux parties n'arrivaient à aucun compromis, une banque d'investissement serait amenée à arbitrer en attribuant une valeur à l'actif à laquelle EADS et BAE Systems devraient se conformer", a précisé Hans-Peter Ring.

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