Echec des discussions entre Suez, GDF et Enel
La Tribune
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Nouveau rebondissement dans l'affaire Suez-GDF. Aujourd'hui, le quotidien Les Echos révélait l'existence de contacts indirects entre les deux groupes et Enel, amorcés ce week-end. Des contacts établis dans le but de tenter d'apaiser les tensions nées des projets d'Enel et de la fusion Suez-GDF, qui barre la route à l'Italien. Après avoir démenti depuis plusieurs jours avoir été en relation avec Enel, Suez et GDF ont confirmé ce matin l'existence de contacts informels avec le groupe italien, sans en préciser la teneur. Les porte-parole des deux groupes ont également ajouté que ces discussions avaient été interrompues.
Dans le cadre de leur projet de fusion, les deux groupes seront amenés à céder des activités en Belgique, où le nouvel ensemble détiendrait 90% du marché de l'électricité et du gaz, afin de ne pas entraver la concurrence. Le groupe italien, qui n'a jamais caché ses appétits pour Electrabel, filiale belge détenue à 100% par Suez, menace de lancer une OPA hostile à l'encontre de Suez. Dès lors, Enel se verrait bien aujourd'hui mettre la main sur la filiale gazière de Suez, Distrigaz, et sa participation dans le réseau de transport d'électricité belge Elia. L'Italien s'intéresserait également aux 25,5% détenus par GDF dans SPE, second producteur d'électricité belge, et souhaiterait avoir des intérêts dans les centrales nucléaires d'Electrabel.
Un nouveau tournant de cette crise politico-energétique pourrait intervenir ce soir à l'issue de la rencontre entre Fluvio Conti, patron d'Enel, et Neelie Kroes, commissaire européenne à la Concurrence. Le groupe souhaite s'assurer qu'il peut compter sur le soutien de Bruxelles dans la bataille face à un gouvernement français qui défend le mariage Suez-GDF. "Si nous voulons créer des marchés vraiment compétitifs, nous devons sortir du nationalisme et du néo-protectionnisme: il nous faut des entreprises de taille suffisante et des économies d'échelle et c'est pour cela qu'Enel veut croître en Europe", a insisté Fluvio Conti aujourd'hui lors d'un congrès à Rome. Enel devrait décider suite à cette entrevue s'il lance une OPA contre Suez.
Selon le quotidien italien Il Sole 24, "il ne resterait guère d'autre option pour Enel qu'une OPA si Fluvio Conti devait sortir de l'entretien avec Neelie Kroes sans garantie de la possibilité d'un compromis avec Paris". Les quotidiens La Stampa et le Corriere della Sera restent eux plus prudent: ils estiment qu'Enel pourrait attendre encore quelques jours avant de lancer une OPA. Selon la presse espagnole, un plan B pourrait exister en cas de trop grandes complications dans l'affaire Suez. Une visite de Fluvio Conti à Madrid pour évoquer des projets d'investissements en Espagne a été relatée dans la presse d'aujourd'hui.
A la clôture, l'action Suez gagne 1,99% à 34,88 euros et celle de Gaz de France perd 0,06% à 31,33 euros.
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