L'avenir de la publicité sur Internet passe par le téléphone
La Tribune
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Internet a décidément un potentiel énorme en matière de créativité publicitaire. Sur son site américain, Google teste actuellement la mise en relation de l'internaute et du vendeur par communication téléphonique interposée. Il a ainsi inséré à côté des liens de certains annonceurs une petite icône représentant un téléphone. Si l'internaute est intéressé par le site, il enregistre son numéro de téléphone dans un espace créé à cet effet, à charge ensuite à Google de réacheminer l'appel entre le vendeur et l'internaute, via Internet.
Pour l'instant, Google, interrogé par le Wall Street Journal, ne donne aucun détail tarifaire et n'évalue pas le succès de ce nouveau service. Il se contente d'assurer que les numéros de téléphone ne sont en aucun cas communiqués et sont totalement détruits après peu de temps.
Pour l'internaute, le service est bien sûr entièrement gratuit. En revanche, il est plutôt onéreux pour l'annonceur. Selon la société américaine Ingenio, spécialisée dans ce type d'appel, le prix moyen d'une communication est facturé 10 dollars à l'annonceur, mais les enchères peuvent monter jusqu'à 50 dollars pour certaines catégories de produits très prisés comme les produits financiers (financement de dette, prêts...). "C'est 10 à 20 fois plus cher que le prix du clic", explique au Wall Street Journal Marc Barach, le directeur marketing d'Ingenio.
Pour l'instant, le produit publicitaire star du Web reste le lien sponsorisé ou commercial, qui consiste pour le moteur de recherche à faire apparaître des sites d'annonceurs choisis en fonction des mots clé tapés par l'internaute. Avantage: les chances d'intéresser l'internaute sont multipliées. Avec les communications téléphoniques, reliant directement client potentiel et marchand, une nouvelle étape est franchie, d'où le prix élevé du service.
Selon l'institut de recherche Kelsey Group, ce nouveau segment publicitaire pourrait générer 3,82 milliards de dollars en 2010 contre 60 millions de dollars cette année. Il faut dire que le service pourrait particulièrement intéresser les annonceurs locaux, qui ne font pas de transactions en ligne par exemple, mais qui dépensent beaucoup en petites annonces dans les pages jaunes. On imagine facilement des fleuristes, des pizzerias ou les compagnies de taxi utilisant ce type de service.
Ces tests sont réalisés alors que Google s'essaie à la publicité hors Internet, notamment en plaçant des annonces publicitaires, grâce à sa plate-forme en ligne très automatisée, dans les médias traditionnels comme la radio, la presse et même la télévision. Le mois dernier, le célèbre moteur de recherche a annoncé le rachat de l'agence média D-Marc Broadcasting, qui utilise un système de placement d'annonces similaire à celui de Google, mais uniquement destiné à la radio.
Sur le créneau des communications payantes, Google n'est pas seul. Yahoo! teste ce type d'outil - de manière pour l'instant gratuite pour les clients - sur son moteur de recherche local. Microsoft songe à faire de même sur Windows Live Local. AOL (Time Warner) a créé une unité aidant les consommateurs à trouver les sites des annonceurs par communication vocale. Resserrer les liens entre acheteur et vendeur, grâce à la voix sur Internet, tel a été le sens du rachat de Skype par le premier site d'enchères en ligne eBay. Ce dernier n'a pas hésité à y mettre le prix: 2,6 milliards de dollars (ou 4 milliards selon les performances).
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