Fusion en vue pour les banques italiennes Sanpaolo et Banca Intesa

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Les deux banques italiennes Banca Intesa et Sanpaolo-IMI viennent d'annoncer que leurs conseils se réuniront samedi afin d'étudier un possible mariage. Une opération d'un montant d'environ 55 milliards d'euros, qui constituerait une consolidation de premier plan dans le paysage bancaire transalpin.

Mouvement en vue dans le secteur bancaire italien. Depuis plusieurs semaines, les rumeurs se faisaient de plus en plus insistantes concernant un rapprochement entre les deux banques italiennes Banca Intesa et Sanpaolo-IMI. Les deux banques avaient jusque-là toujours démenti. Mais elles viennent enfin aujourd'hui d'annoncer officiellement qu'une réunion de leurs conseils d'administration respectifs aura lieu samedi afin d'examiner les différentes hypothèses d'une fusion qui donnerait naissance au deuxième établissement de crédit de la péninsule, juste derrière UniCredit. La capitalisation du nouvel ensemble devrait s'élever aux environ de 55 milliards d'euros, dont 30 milliards pour Intesa et 25 pour Sanpaolo.

Suite à cette annonce, Romano Prodi, chef du gouvernement italien, a déclaré: "j'espère que cette opération sera menée à bien, parce que c'est un beau projet pour le système bancaire italien. Cela aboutirait à avoir deux groupes d'ampleur internationale: UniCredit et l'entité qui naîtra de l'opération". De son côté, le vice-ministre de l'Economie Roberto Pinza exprime " un jugement positif, même s'il reste encore à connaître les termes de l'opération".

Dès le 24 juillet, le quotidien italien Il Messagero rapportait que Banca Intesa, la deuxième banque italienne, détenue à 17,84% par le Crédit Agricole, et Sanpaolo-IMI, numéro trois du secteur, avaient débuté des négociations pour un éventuel rapprochement. "Il n'y a pas encore de discussions, il n'y a aucun conseiller financier ou juridique, aucune information officielle [...], mais un simple examen en cours réalisé par un petit groupe au sein de la direction des deux banques pour étudier le modèle d'organisation de l'autre", précisait le quotidien.

Quelques jours plus tard, Sanpaolo-IMI annonçait qu'elle allait étudier des projets d'alliances en Italie et à l'étranger au mois de septembre. Un mois auparavant, elle avait mandaté la banque d'affaires américaine Citigroup pour passer en revue toutes les possibilités de rapprochement.

C'est sous l'impulsion du gouverneur de la Banque d'Italie, suite à la percée effectué par la BNP sur le marché à travers le rachat de BNL, qui déplore l'inertie du secteur bancaire transalpin, l'un des moins concentrés en Europe, que les anticipations de rapprochement ont été relancées. En effet, les cinq premières banques du secteur privé ne détiennent que 36% des actifs bancaires du pays. Une part qui atteint 63% au Royaume-Uni et 85% en France. Pour rivaliser avec les autres banques européennes, la consolidation du secteur italien apparaît donc indispensable.

Le projet de rapprochement intéresse au plus haut point le Crédit Agricole, premier actionnaire d'Intesa, qui détient de facto un droit de veto sur les décisions stratégiques de l'établissement italien. Dans un communiqué publié aujourd'hui, la banque française affirme que "en tant qu'actionnaire responsable et membre du conseil d'administration de Banca Intesa, le Crédit agricole examinera en détail toute proposition formelle qui serait faite et agira ensuite dans le meilleur intérêt de toutes les parties concernées". La banque verte nomme cinq des dix-neuf membres du conseil d'administration d'Intesa.

Les rumeurs persistantes sur une fusion avaient déjà boosté le cours des deux titres à la Bourse de Milan. Aujourd'hui, l'officialisation du projet de rapprochement fait gagner 7,60% à 5,03 euros à Banca Intesa et 6,41% à 15,61 euros à Sanpaolo en fin d'après-midi.

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