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La banque espagnole SCH critique la valorisation de Sanpaolo

La Tribune

Publié le 27 août 2006 à 23:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:18

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Selon Santander Central Hispano, actionnaire à 8,4% de la banque italienne Sanpaolo, la fusion prévue avec sa compatriote Intesa ne la valorise pas correctement. La banque espagnole pourrait chercher à obtenir des contreparties, tout comme le Crédit Agricole, actionnaire d'Intesa.

La fusion au sommet dans le monde bancaire italien entre Banca Intesa et Sanpaolo-IMI ne fait pas tout à fait que des heureux. Ce lundi, la banque espagnole Santander, actionnaire important de Sanpaolo, a fait savoir que cette dernière n'est pas, selon elle, valorisée à son juste prix dans l'opération.

Santander Central Hispano, qui est la plus grosse banque espagnole, a publié ce lundi un communiqué dans lequel elle salue le bien-fondé de la fusion entre les deux établissements italiens: il s'agit là de "la meilleure transaction qui pouvait être réalisée", affirme le SCH. Avec une sérieuse réserve toutefois: la banque espagnole considère que les termes de l'opération, qui va créer la plus grosse banque italienne, "ne reflètent pas suffisamment" la valeur de Sanpaolo. Le SCH détient actuellement 8,4% de ce dernier établissement, part qui devrait mécaniquement retomber à 4,2% dans le cadre de la fusion.

Considérant que Sanpaolo est "la meilleure banque d'Italie", le SCH entend bien valoriser au mieux sa participation. La banque espagnole précise ainsi qu'elle prendra le moment venu "les décisions appropriées pour maximiser la valeur de son investissement dans Sanpaolo". Sur la base de son prix d'acquisition, la plus-value potentielle sur un revente de ses parts dans Sanpaolo serait aujourd'hui de l'ordre de 1,1 milliard d'euros.

Si l'actionnaire étranger de référence de Sanpaolo exprime donc publiquement quelques réserves sur l'opération, celui d'Intesa adopte une attitude légèrement différente. Le Crédit Agricole, qui détient actuellement 17,8% de la banque italienne, verra sa part dans le nouvel ensemble tomber à 9,1%. La banque française a apporté son soutien public à la fusion, mais cela ne l'empêche pas de veiller à ce que l'accord final "sauvegarde et valorise les intérêts stratégiques du Crédit Agricole". La banque française, autrement dit, compte bien obtenir des compensations à sa dilution dans le nouveau groupe.

Selon la presse italienne, c'est notamment la reprise d'agences cédées par Intesa-Sanpaolo qui pourrait intéresser le Crédit Agricole. Dans la mesure où le rapprochement va créer le premier réseau d'Italie, il est fort possible qu'Intesa-Sanpaolo soit amené à céder plusieurs centaines d'agences, 800 selon La Repubblica. Des actifs qui pourraient permettre à la banque verte de développer son propre réseau en Italie.

Si une telle hypothèse se vérifie, le Crédit Agricole deviendrait ainsi la troisième grande banque européenne en quelques mois à faire une entrée en force sur le marché bancaire italien. Le coup d'envoi des grandes manoeuvres dans le secteur bancaire du pays avait été donné au printemps par l'acquisition de Banca Antonveneta par la néerlandaise ABN Amro, puis par le rachat de BNL par la française BNP Paribas.

Ce lundi, les cours des deux banques concernées par la fusion cèdent un peu de terrain, après leur forte progression de la fin de la semaine dernière. En fin d'après-midi, Intesa recule de 1,19% à 4,99 euros, tandis que Sanpaolo perd 1,31% à 15,84 euros.

La Tribune

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