Vinci : Antoine Zacharias contraint à la démission

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Le président du groupe de BTP a été mis en minorité par son conseil d'administration et quitte le groupe. Son directeur général, avec qui il était en guerre ouverte, est en revanche confirmé dans ses fonctions. La Bourse salue le départ d'Antoine Zacharias, qui paye notamment le prix de la polémique sur sa rémunération.

Le président de Vinci, Antoine Zacharias, a été contraint à la démission, jeudi soir, après avoir été mis en minorité au conseil d'administration de son groupe. Le directeur général Xavier Huillard, avec qui il était en affrontement direct, a en revanche été confirmé dans ses fonctions.

Ce coup de théâtre constitue une défaite cinglante pour le patron du numéro un mondial du BTP et des métiers de concession. Le conseil d'administration avait en effet été convoqué initialement pour révoquer Xavier Huillard. Antoine Zacharias lui reprochait, officiellement, de ne pas être à la hauteur de ses fonctions.

Mais le directeur général a su contre-attaquer ces derniers jours. Il a notamment dénoncé aux administrateurs de Vinci le niveau de rémunération du président, jugé extravagant. Et c'est bien son opposition à des rémunérations supplémentaires d'Antoine Zacharias qui aurait expliqué la volonté de ce dernier de l'éliminer.

En définitive, c'est le directeur général qui a emporté la majorité au conseil, avec neuf voix sur seize. Yves Thibault de Silguy, actuellement administrateur du groupe, va en devenir le président.

La montée des tensions à la tête de Vinci avait déjà amené, mercredi, Alain Dinin, PDG du groupe immobilier Nexity à renoncer à rejoindre le groupe de BTP. Alain Dinin avait été pressenti par Antoine Zacharias pour prendre le succession de Xavier Huillard. Mais il avait donc préféré se retirer au dernier moment, en raison du climat troublé sévissant à la tête de Vinci.

Reste que l'éviction du président de Vinci risque de prendre les allures d'un cas d'école en matière de gouvernance d'entreprise. C'est la première fois que le patron d'un groupe de cette taille est renvoyé par le conseil d'administration pour des questions liées à son mode de direction de l'entreprise et à sa rémunération.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a exprimé son enthousiasme devant une telle décision, vendredi matin au micro de RTL. "Quand j'ai appris la décision du conseil d'administration de Vinci, je me suis dit formidable, le système de gouvernance tel que le préconise le Medef a fonctionné", a-t-elle déclaré, en soulignant que cette affaire lui "soulevait le coeur". "La rémunération des dirigeants doit se faire en bonne gestion, il ne doit pas y avoir d'excès", a-t-elle martelé, en affirmant que des cas tels que Vinci étaient "rarissimes."

Vendredi à mi-séance, le titre bondit de 4,51%, à 75,35 euros.

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