EADS : le gouvernement veut des "décisions urgentes"

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Le Premier ministre vient de réaffirmer qu'il était décidé à prendre des "décisions urgentes" pour résoudre les difficultés traversées par EADS. Parmi les hypothèses envisagées figurerait celle d'une absorption d'Airbus par sa maison-mère EADS, afin de sortir cette dernière de la tourmente.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a assuré cet après-midi à l'Assemblée nationale que le gouvernement était "décidé à prendre toutes les mesures nécessaires pour qu'EADS sécurise ses délais de production et fournisse ses clients dans les meilleures conditions". Il y a, a-t-il lancé devant les députés lors de la séance de questions au gouvernement, "des décisions urgentes à prendre" concernant ce groupe aéronautique, et "elles le seront". "Le ministre de l'Economie Thierry Breton les prépare en liaison avec nos partenaires français et européens de l'entreprise", a encore déclaré le chef du gouvernement.

Ce matin, le quotidien Le Figaro expliquait que le ministre de l'Économie Thierry Breton et les actionnaires privés du groupe EADS travaillent sur un rapprochement du groupe d'aéronautique et de défense avec sa filiale Airbus. "Cette filiale qui représente 65% de l'activité et 80% des profits d'EADS pourrait fusionner avec sa maison mère", indique le quotidien. A l'heure actuelle, EADS détient 80% du constructeur aéronautique, les 20% restants étant entre les mains du britannique British Aerospace qui a prévu de se désengager du capital. Le groupe Lagardère, actionnaire à hauteur de 7,5% d'EADS, s'est refusé à tout commentaire. Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès du ministère de l'Économie.

EADS est dans la tourmente depuis l'annonce, la semaine dernière, de retards de livraison de son avion géant A380 et de la vente de stocks-options par Noël Forgeard, co-président exécutif, et par d'autres responsables du groupe. Selon le quotidien, la crise que traverse EADS relance en outre "la question de la présidence unique prévue dans les statuts" à terme. Pour l'heure, le groupe a une direction bicéphale franco-allemande. Le scénario du placement direct d'Airbus sous la responsabilité d'un des deux co-présidents est donc avancé.

De son côté, le ministre français des Transports Dominique Perben a déclaré souhaiter "préserver l'accord franco-allemand sur la gestion" du géant européen de l'aéronautique et de la défense. "Il faut sans doute réfléchir à l'organisation de l'ensemble du groupe et à la répartition des responsabilités, ce qu'on appelle la gouvernance, pour améliorer les choses et c'est de cela dont il s'agira dans les semaines qui viennent", a-t-il affirmé sur la chaîne télévisée Canal +. Mais "il ne faut pas que ce qui se passe débouche sur des difficultés en termes d'entente franco-allemande", a-t-il précisé, ajoutant qu'il "faut préserver l'accord franco-allemand sur la gestion" du groupe.

Actuellement, l'actionnariat franco-allemand d'EADS est reflété par le commandement bicéphale du groupe, avec deux présidents exécutifs, actuellement le Français Noël Forgeard et l'Allemand Thomas Enders. "À partir de là il faut que les dirigeants d'EADS fassent des propositions et ensuite les actionnaires diront ce qu'ils ont à dire", a ajouté Dominique Perben. "Il apparaît indispensable que les responsables de grandes entreprises, en particulier lorsque ces entreprises ont à leur capital des participations de l'État, soient irréprochables dans leur comportement", a-t-il dit, en référence à la levée de stocks-options exercée par six dirigeants du groupe.

Concernant Airbus, Dominique Perben a souhaité que l'avionneur "mette en oeuvre une stratégie lui permettant de limiter les retards et de se replacer sur le marché international des avions dans les meilleures conditions possibles", et qu'il "prenne des décisions d'organisation industrielle".

A la Bourse de Paris, le titre EADS est chahuté. Après avoir ouvert sur un bond de 2,5%, il cède 2,52% à 20,92 euros, à la clôture.


Les petits actionnaires d'EADS portent plainte pour délit d'initiés
L'avocat de l'Association des petits porteurs actifs (APPAC), maître Frédérik-Karel Canoy, a annoncé aujourd'hui avoir déposé plainte pour "délit d'initié, recel de délit d'initié et divulgation de fausses informations" après la vente d'actions en mars par des dirigeants d'EADS, dont Noël Forgeard. Il s'agit d'une plainte contre X mais elle concerne "tous ceux qui ont levé des stock-options en mars" et "tous ceux que l'enquête permettra de révéler", a-t-il affirmé à l'AFP. C'est "une action collective à la française" pour "tous les actionnaires qui ont été spoliés" par la baisse du cours de l'action EADS. La plainte a été déposée au nom d'un actionnaire et d'autres pourront ensuite s'y greffer, a-t-il expliqué. L'avocat a également déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile pour abus de biens sociaux, auprès du tribunal de grande instance de Nanterre, dans le cadre de l'affaire Vinci.

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