Les banques d'affaires à la fête
La Tribune
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Cela faisait des années que les banquiers d'affaires n'avaient été à pareille fête. Depuis les excès des années 1999 et 2000, en fait. Après plusieurs années de vaches maigres, les "deal makers" avaient déjà repris un peu de poil de la bête l'an dernier avec un net sursaut du marché. Mais le début de 2006 ressemble à un feu d'artifice. En Europe, les opérations de Mittal sur Arcelor, la fusion de Suez et GDF (en attendant peut-être l'irruption d'Enel dans la bataille) sont de bon augure. Aux Etats-Unis, le rapprochement entre AT&T et Bell South confirme le retour des groupes de télécommunications dans la danse des fusions. Bref, le moral est au beau fixe et les projets qui sommeillaient depuis des mois et des mois dans les cartons deviennent enfin d'actualité.
Cette abondance est également synonyme de guerre de position à outrance. Et le nombre de banques conseil impliquées dans une même opération a été rarement aussi élevé. Elles sont ainsi près d'une quinzaine à apporter leurs lumières à Mittal et Arcelor! Un record. Il est vrai que lorsqu'il s'agit d'une offre hostile, tous les conseils sont les bienvenus. Les banques d'affaires se sont aussi précipitées dès l'annonce d'une opération autour de Suez. La fusion à 70 milliards d'euros avec GDF a en effet de quoi attiser les convoitises. Se voir crédité de cette opération lorsque seront établies les "leagues tables", ces fameux classements, peut changer radicalement la donne.
On se souvient que les banques qui avaient "manqué" le deal Sanofi/Synthélabo en 2004 s'en étaient mordu les doigts. A une plus petite échelle, les absents du deal Pernord Ricard/Allied Domecq en ont subi les conséquences. Bref, pas question, cette fois, pour les poids lourds du marché de rater le coche. A ce jour, Suez a donc confié des mandats à sept banques et GDF à cinq. A l'évidence, toutes ne vont pas jouer le même rôle ni encaisser les mêmes rémunérations. Mais dans les leagues tables, l'honneur sera sauf!
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