Eiffage: Sacyr ne pourrait pas lancer d'OPA pendant un an
La Tribune
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Même s'il le voulait - ce qui n'est pas le cas - le groupe espagnol Sacyr ne pourrait pas lancer d'OPA sur Eiffage avant un an: c'est le message qu'a voulu faire passer l'Espagnol aujourd'hui. Selon un porte-parole du groupe, en effet, la réglementation française en matière d'OPA lui interdit désormais toute initiative dans les douze mois à venir.
Ces déclarations interviennent alors que Sacyr vient d'annoncer posséder désormais 32% du capital et 33,3% des droits de vote d'Eiffage. La moindre acquisition de titres supplémentaires l'obligerait à lancer une OPA. Mais en fait, une telle hypothèse est totalement exclue, estime Sacyr, pour une bonne raison: outre le fait que le groupe "ne veut pas" lancer d'offre sur Eiffage, il n'en aurait de toutes façons pas le droit. Explication: le groupe espagnol a officiellement fait part à l'Autorité des marchés financiers du fait qu'il n'a pas l'intention de faire une offre. Dès lors, la réglementation française l'empêche désormais de changer d'avis pendant un an.
Reste que le groupe aurait tout de même la possibilité d'agir en cas de changements importants dans la situation d'Eiffage (lancement d'une offre par un autre groupe, par exemple).
Tout cela n'empêche pas Sacyr de continuer à faire pression sur Eiffage. A défaut de vouloir prendre le contrôle du groupe, l'Espagnol revendique fortement la création de quatre postes d'administrateurs à son profit, ce qui lui donnerait un tiers des sièges au conseil, soit la même proportion que sa part dans le capital d'Eiffage.
Autant dire que les dirigeants du groupe de BTP français ne se considèrent pas à l'abri et organisent leur défense. La Caisse des Dépôts vient ainsi de porter sa participation dans Eiffage de 3 à 5% de son capital. Selon le communiqué publié mercredi soir par la CDC, cette dernière a également entamé des négociations pour prendre une participation directe de 35% dans le viaduc de Millau, joyau du groupe français.
C'est le 28 mars dernier que la Caisse des Dépôts avait pris une participation de 3% dans le capital d'Eiffage, position qu'elle vient donc de renforcer. La Caisse confirme ainsi qu'elle entend jouer de plus en plus le rôle d'acteur pivot du "patriotisme économique" que lui a confié le gouvernement. Dans le même esprit, la CDC vient d'annoncer qu'elle reprendra une partie des actions EADS que le groupe Lagardère compte vendre.
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