Boeing pénalisé par des charges exceptionelles

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Le constructeur aéronautique américain annonce l'inscription pour environ un milliard de dollars de charges exceptionnelles au deuxième trimestre.

L'avionneur américain Boeing va inscrire pour son deuxième trimestre environ un milliard de dollars de charges exceptionnelles. Il s'agit d'une part d'une charge comprise entre 300 et 500 millions de dollars avant impôts en raison de retards dans le développement d'un système de surveillance aérien pour le compte de l'Australie et la Turquie. Il s'agit d'un programme de radars de pointe embarqués à bord de Boeing 737-700 utilisés à des fins militaires, a poursuivi Boeing. La provision concerne donc la division Systèmes de défense. Son montant sera fixé précisément dans les prochaines semaines.

Le constructeur a expliqué que les retards dans ce programme AEW&C (Airborne Early Warning and Control) étaient dus à "des problèmes d'intégration et de développement avec certains composants de matériel informatique et de logiciels" perturbant le calendrier des essais en vol. La livraison des deux premiers appareils achetés par l'Australie sur les six commandés au total devrait donc connaître jusqu'à 18 mois de retard, a signalé le groupe. "Boeing prévoit désormais de livrer d'ici à la fin de 2008 les six appareils" du programme Wedgetail, la déclinaison australienne de l'AEW&C, indique encore la direction. Cette annonce intervient quelques semaines après celle faite par EADS de retards de plusieurs mois dans la livraison des premiers avions gros porteur A380.

"Nous regrettons l'impact que ces retards vont avoir sur nos clients", a déclaré son PDG Jim McNerney. "Cependant nous sommes prêts à la mise en oeuvre d'un plan permettant de leur fournir les systèmes répondant à leurs exigences", a-t-il précisé.

L'autre partie de la charge, qui s'élève à 615 millions de dollars, correspondant au montant des règlements, d'une part de l'affaire Darleen Druyun et d'autre part du scandale du vol de documents confidentiels à son rival Lockheed Martin pour décrocher un contrat. Le groupe avait annoncé le 15 mai dernier qu'il acceptait de payer ce montant pour solder à l'amiable les enquêtes du ministère américain de la Justice sur ces deux dossiers. L'affaire Darleen Druyun emprunte son nom à une ancienne responsable des achats de l'US Air Force qui avait été recrutée pour faciliter l'obtention d'un contrat d'avions-ravitailleurs. L'affaire remonte à 2002-2003 et le contrat évalué à 20 milliards de dollars a depuis été annulé

Boeing doit annoncer les résultats de son deuxième trimestre le 26 juillet prochain.
Ces lourdes charges devraient précipiter le bilan trimestriel dans le rouge. À ce jour, les analystes financiers prévoient un bénéfice par action de 80 cents pour un chiffre d'affaires de 15,07 milliards de dollars, d'après l'agence First Call.

Le groupe avait déjà annoncé hier réfléchir à la vente de son activité de système Internet à haut débit à bord des avions, Connexion by Boeing. Trois scénarios ont été évoqués, la vente, la cessation d'activité ou le développement de partenariats. Le groupe s'est cependant refusé à chiffrer l'impact financier que pourrait avoir chacune de ces solutions.

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