Unilever vend l'essentiel de ses surgelés pour 1,72 milliard d'euros

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Unilever fait le ménage dans son activité surgelés en Europe. Il vend une grande partie de sa division, qui comprend les marques Igloo et Bird's Eye, au fonds d'investissement Permira.

Le groupe anglo-néerlandais Unilever atteint son but, se désengager en grande partie de son activité de produits surgelés alors que le marché est en difficulté en Europe. Cette division a vu ses ventes baisser de 4,5% en 2005. Les consommateurs ont changé leurs habitudes: ils préfèrent aujourd'hui les produits cuisinés frais. Le groupe de produits de grande consommation Unilever avait annoncé son intention en février dernier, elle se concrétise aujourd'hui. Il vend donc l'essentiel de son pôle de produits surgelés au fonds de capital investissement Permira Funds pour 1,72 milliard d'euros. La cession devrait être finalisée avant la fin de l'année.

La division surgelés d'Unilever, troisième groupe agroalimentaire mondial, comprend les marques Igloo et Bird's Eye qui sont donc comprises dans la transaction avec Permira. Cette division compte 4.000 salariés dans le monde, 3.000 vont être concernés par cette vente. Au niveau géographique, en Europe, Unilever conserve uniquement sa branche surgelés en Italie avec la marque Findus. Le groupe cède à Permira ses activités en France, en Belgique, en Autriche, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Portugal, au Royaume-Uni et en Irlande. Et il faut rappeler qu'il y a deux mois, il avait déjà vendu son pôle espagnol au groupe agroalimentaire français Bonduelle. Unilever fait ainsi le ménage en Europe, mais il conserve son pôle surgelés en Amérique du Nord qui commercialise les marques Bertolli et Knorr Frozen. Unilever maintient également dans son escarcelle son activité de crèmes glacées.

Et les grandes manoeuvres d'Unilever ne seraient pas en passe de s'arrêter. Après cette cession d'actifs, le groupe anglo-néerlandais pourrait racheter la branche surgelés du fonds CapVest, qui était lui-même l'un des prétendants au rachat des activités surgelés d'Unilever. S'il réalise cette transaction, Unilever se retrouverait alors à la tête d'un portefeuille de marques de surgelés restructuré qui pèserait 3 milliards d'euros et qui serait alors introduit en Bourse, selon le Financial Times.

Unilever aurait en effet aujourd'hui, les moyens de jouer les prédateurs. La vente de l'essentiel de son activité surgelés à Permira permettra à Unilever d'engranger une plus-value nette de plus d'un milliard d'euros. "Avec cette cession, Unilever pourrait ramener son endettement sous les 10 milliards d'euros, ce qui lui permettrait d'envisager des acquisitions ou des rachats d'actions", estime Paul Hofman, analyste chez Van Lanschot interrogé par l'agence Reuters. A l'inverse, si Paul Linssen chez Petercam se félicite du prix de vente obtenu par Unilever (1,72 milliard d'euros) il aimerait que ce groupe joue la prudence. "Nous préférerions voir Unilever poursuivre le nettoyage de son portefeuille et le redressement de ses activités", estime-t-il.

Unilever souffre de la hausse des prix des matières premières (huiles, thé) utilisées pour ses autres produits et il a beaucoup investi en publicité aux Etats-Unis pour lancer un nouveau shampoing. Des éléments qui ont pesé sur ses résultats. Le géant anglo-néerlandais a donc présenté début août des comptes semestriels décevants au regard notamment des bons résultats de son concurrent Danone. Le titre Unilever stagne depuis un an. Unilever est à la traîne et affiche des perspectives de croissance plus faibles que Nestlé et Danone.

Lundi, l'action Unilever gagnait 0,87% à 18,53 euros à la clôture à la Bourse d'Amsterdam.

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