Francis Mer pressenti pour rejoindre Safran

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A quatre jours du conseil de surveillance de Safran prévu mardi 12 décembre, Bercy n'était pas sûr encore de pouvoir évincer le président du conseil de surveillance Mario Colaiacovo, puis dans un second temps le président du directoire Jean-Paul Béchat. Le ministère des Finances se heurte toujours aux actionnaires salariés, notamment le Club Sagem - ils revendiquent 21 % des droits de vote -, qui plaident sur un départ simultané des deux hommes. Une simple "annonce de leur départ conjoint avec des garanties" pourrait également faire l'affaire, suggère Daniel Dupuy, porte-parole de ce groupe d'actionnaires salariés et ancien haut dirigeant de Sagem. "Nous ne voulons ni gagnant, ni perdant dans cette affaire", explique-t-il.Le ministère des Finances, qui veut d'abord s'occuper de la présidence du conseil de surveillance, tente d'obtenir la démission de Mario Colaiacovo en négociant avec lui de très substantielles indemnités de départ notamment. Ce qui n'est toujours pas admissible pour les ex-Sagem. En cas d'échec de Bercy, seule une assemblée générale, qui ne peut se tenir que 30 jours après sa convocation, pourra alors le démettre en tant que membre du conseil de surveillance. Ce qui serait un échec pour Bercy qui n'aura pas obtenu le départ rapide de Mario Colaiacovo après l'avoir pourtant annoncé. En outre, ce dernier serait tenté de rester en tant que simple membre du conseil de surveillance, expliquent ces proches. En revanche, Mario Colaiacovo devrait, comme l'affirment des sources proches des actionnaires salariés, se saisir d'une résolution lors du conseil de surveillance demandant la révocation de Jean-Paul Béchat et exiger à ce moment-là un vote à bulletin secret. Et les proches de Mario Colaiacovo estiment pourvoir compter sur une majorité de voix au conseil de surveillance. A ce titre, ils revendiquent neuf votes, dont celui de Mario Colaiacovo prépondérant en cas de partage des voix, en faveur d'un départ de Jean-Paul Béchat.Bercy compte pour sa part cinq représentants de l'Etat au conseil de surveillance, dont deux du ministère de la Défense et un du ministère des Transports. Pour sa part, Jean-Paul Béchat garde encore des relais fidèles, notamment Jean Rannou, général d'armée aérienne en retiré des cadres, aujourd'hui consultant, et le banquier d'affaires Jean-Marc Forneri, président de Bucéphale Finance.Devant autant d'incertitudes, Bercy qui est en train de négocier, devrait être amené à lâcher le président du directoire. Jean-Paul Béchat avait pourtant négocié un sursis à la tête de Safran, arguant qu'un capitaine d'industrie ne pouvait pas quitter ses troupes avant la fin de l'année, précisent des sources concordantes. Bercy est poussé par le ministère de la Défense à trouver une solution rapidement. "Cela ne peut plus durer, assure-t-on à l'hôtel de Brienne. Les deux doivent partir". En tout état de cause, Thierry Breton a déjà trouvé un successeur à Jean-Paul Béchat. Seul candidat à avoir été reçu à Bercy, Patrick Buffet, délégué général et membre du comité exécutif de Suez, a accepté le poste, selon des sources concordantes. En dépit du scepticisme du ministère de la Défense, il est également soutenu par Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva réputée proche des ex-Sagem, et dont le groupe détient 7,4 % du capital de Safran, ainsi que par les actionnaires salariés Sagem, qui voit son arrivée plutôt de bon oeil. En revanche, la candidature à la présidence du conseil de surveillance de Jean-Yves Helmer, qui souhaite garder son métier de banquier chez Lazard, s'essouffle, le ministère de la Défense étant fermement opposé à son arrivée chez Safran.Hier, un nouveau candidat est d'ailleurs entré en piste en la personne de l'ancien ministre des Finances, Francis Mer, qui serait le nouveau favori pour le remplacement de Mario Colaiacovo à la présidence du conseil de surveillance. Enfin, l'hypothèse Bernard Retat (Thales), non candidat, pourrait être in fine une solution de recours, l'homme étant un unanimement apprécié dans le milieu de la défense.

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