Le président du Conseil italien favorable à un nouveau traité européen

Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne, souhaite la suppression de la règle de l'unanimité et soutient l'idée d'une "avant-garde"" européenne.

Le président du Conseil Italien et ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, se prononce dans un entretien publié par le quotidien Le Monde daté de samedi 24 mars en faveur d'un nouveau traité institutionnel européen qui "reprendrait la première partie de l'ancienne constitution (européenne, NDLR) en y ajoutant un chapitre social et qui serait allégé des considérations techniques et opérationnelles de la troisième partie".

Romano Prodi suggère dans la foulée "de supprimer la règle de l'unanimité", disposition qui figurait déjà pour un certain nombre de questions, dans le traité constitutionnel préparé sous l'égide de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing et rejeté par les Français lors du référendum du 29 mai 2005. Cette règle ne serait éventuellement conservée que "pour des actes fondateurs comme l'acceptation de nouveau Etats membres", ajoute M.Prodi, qui suggère de substituer la règle actuelle de l'unanimité qu'il n'hésite pas à qualifier de "tragédie", par celle de la "double majorité" pour "la plupart des décisions". Cette dernière règle consiste à prendre en compte à la fois le poids démographique des Etats et le nombre de voix exprimées au sein des instances officielles ou parlementaires.

Par ailleurs, l'ancien président de la Commission ne ferme pas la porte à un système "d'avant-garde" européenne qui consisterait à autoriser certains pays à conclure des alliances particulières sur certaines question (fiscales, sociales, judiciaires etc,) entre eux et ceci sans que ceux qui les refuseraient ne soient contraints de les suivre. "Beaucoup parlent de l'avant-garde comme quelque chose de négatif. Or l'euro est le fruit d'une avant-garde et personne n'a pensé que l'euro était contre l'Union" argumente M.Prodi. Sur 25 membres, seulement 13 ont actuellement intégré la monnaie unique.

Interrogé sur une avant-garde sans la France, Romano Prodi répond que ce schéma "est envisageable ponctuellement" mais le rejette "sur le long terme", qualifiant le rôle de la France en Europe "d'unique" car "on ne peut faire abstraction du fait que l'Europe est née de la réconciliation entre la France et l'Allemagne".

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