Les chypriotes grecs démolissent le mur qui sépare l'île depuis trente ans

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Un symbole tombe à Chypre: les autorités de la partie grecque ont percé le mur qui les sépare de la minorité turque à Nicosie. Une avancée marquée par les félicitations de l'ONU et le silence de la Turquie.

Trente ans que le mur séparait en deux Nicosie, la capitale de l'île de Chypre. Au sud, les Chypriotes grecs, dont la république est intégrée à la communauté internationale. A l'opposée, la République Turque de Chypre du Nord (RTCN), que seul Ankara reconnaît. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les chypriotes grecs ont percé une brèche dans cette "ligne verte", symbole de la division du pays depuis 1974, en démolissant le mur au niveau de la rue Ledra, artère emblématique de la vieille ville.

Ce vendredi, les autorités chypriotes turques ont salué l'initiative de leurs frères ennemis. "C'est un développement positif", a commenté le Premier ministre de la RTCN, Ferdi Sabit Soyer. Il a ensuite affirmé que son administration allait entamer des travaux techniques pour la mise en place d'un lieu de passage dans les plus brefs délais. Mais avant que l'ouverture soit opérationnelle, il faudra étayer certains immeubles et surtout vérifier la présence de mines dans le secteur.

Les Chypriotes grecs, même s'ils affirment "avoir démoli le point frontière de [leur] côté", ont interdit aux civils de franchir la ligne tant que l'armée turque ne se serait pas retirée du nord de l'île.

"L'obstacle n'est pas le mur mais les troupes turques. Si les troupes se retirent et permettent que l'ONU vérifie la présence de mines, alors le point de passage pourra être ouvert, mais les troupes doivent se retirer", a affirmé le président chypriote Tassos Papadopoulos.

L'armée turque stationne 40.000 troupes dans la partie nord de l'île et les autorités d'Ankara n'ont toujours pas fait de commentaires sur les événements de cette nuit.

A l'inverse, les Nations Unies, qui oeuvrent depuis des décennies à la réunification de l'île, ont espéré que la frontière serait bientôt ouverte. L'ONU a salué "un pas très positif et très bienvenu qui revêt un importance symbolique". Michael Molle, le chef de la Force des Nations Unies chargé du maintien de la paix à Chypre, espère maintenant "une atmosphère positive pour la recherche d'un accord global".

Cet événement marque l'apparition d'un nouvel espoir de réunification entre les deux parties de l'île. Le précédent s'était effondré en 2004, lorsque le référendum relatif à la réunification de Chypre avait été rejeté par la population grécophone. Le pays est divisé depuis 1974 à la suite de l'invasion et de l'occupation par l'armée turque du tiers nord de l'île, en réponse à un coup d'Etat chypriote-grec visant à rattacher Chypre à la Grèce du régime des colonels.

Le problème de la partition de l'île et de son occupation par l'armée turque perturbe les relations entre Ankara et Bruxelles. Le 15 décembre dernier, la Commission européenne a suspendu les négociations d'entrée dans l'Union européenne de la Turquie, qui refuse d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote-grec.

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