Class Action ouverte aux Français contre Vivendi aux Etats-Unis

Un juge fédéral américain permet aux actionnaires français de Vivendi de participer à une action en nom collectif devant la justice de l'Oncle Sam contre le groupe français. Celui-ci envisage de faire appel.

L'Association des actionnaires minoritaires (Adam) de la pugnace Colette Neuville annonce que le juge américain Richard J. Holwell, juge fédéral de première instance, a décidé jeudi d'accepter une action en nom collectif ("class action") d'investisseurs s'estimant lésés contre le groupe français Vivendi. Il a homologué une action d'investisseurs ayant acquis des actions Vivendi Universal SA en France, ainsi qu'aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, ou ayant acquis des certificats de dépôts américains entre le 20 octobre 2000 et le 14 août 2002.

Le groupe Vivendi a indiqué avoir "pris acte de cette décision et étudier les réponses les plus appropriées pour assurer au mieux sa défense". Il envisage de faire appel.

Cette décision concernant une action collective ouverte contre Vivendi depuis juillet 2002 "ouvre la voie à une indemnisation effective des actionnaires, estime Colette Neuville. Pour la première fois, un juge américain se reconnaît compétent pour juger dans le cadre d'une class action des infractions aux règles boursières américaines qui auraient été réalisées par des dirigeants français d'une société française au préjudice d'actionnaires français".

Dans sa décision, le juge Holwell a estimé que "dans une économie mondialisée, les sociétés font des affaires au-delà des frontières et vendent leurs actions en Bourse dans le monde entier, et que les mauvaises conduites sociales --qu'elles soient commises aux Etats-Unis, à l'étranger ou les deux-- peuvent avoir des effets importants sur le marché américain", ajoute l'association. Il a ainsi conclu qu'il convenait d'inclure les ressortissants français (qui constituent une "grande majorité des actionnaires étrangers") dans l'action collective américaine.

Les plaignants estiment que début juin 1996, lorsque Jean-Marie Messier était devenu PDG de Vivendi, les dirigeants du groupe s'étaient lancés "dans une aventure d'acquisitions massives incluant des achats de plusieurs milliards de dollars, rappelle l'Adam.Vivendi a ainsi "acheté des participations substantielles dans plusieurs sociétés américaines et non américaines en utilisant les titres Vivendi comme monnaie de paiement et en empruntant des liquidités en hypothéquant sur des revenus futurs".

Outre le fait qu'une telle stratégie a entraîné Vivendi "à accumuler une dette de taille", les plaignants allèguent que la société a donné "une série de communications fausses et trompeuses, donnant des résultats financiers +meilleurs que prévus - "le groupe va mieux que bien" lançait en pleine tourmente Jean-Marie Messier, tout en déniant les rumeurs de problèmes et publiant aux Etats-Unis auprès de la SEC (le régulateur boursier américain, ndlr) des résultats financiers faux et trompeurs", précise l'Adam.

En 2001, VU (Vivendi Universal) avait annoncé une perte de 13,6 milliards d'euros, l'une des plus lourdes jamais enregistrées par une entreprise française. Jean-Marie Messier avait été débarqué en 2002 et le titre Vivendi avait dégringolé en Bourse.

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