La Réserve fédérale tente de nouveau de calmer les marchés

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La banque centrale américaine a de nouveau injecté des liquidités dans les marchés financiers, pour tenter d'enrayer la spirale de défiance qui les affecte. Après de très mauvaises performances en Asie mercredi matin, les marchés semblaient plus calmes en fin d'après-midi. Mais les motifs de crainte sont toujours là.

La Réserve fédérale américaine est de nouveau passée à l'action ce mercredi, en injectant des liquidités sur le marché. Dans le cadre d'une opération de prise en pension au jour le jour, la Fed a mis sur le marché 7 milliards de dollars. Une somme qui vient s'ajouter aux quelque 64 milliards de dollars injectés depuis la semaine dernière.

L'initiative de la Réserve fédérale a été quelque peu cahotique, l'institution ayant commencé par annoncer une telle opération, puis l'ayant annulée pour des raisons techniques, avant de la réaliser finalement. Cette injection de liquidités fait suite à une journée d'inaction, la Réserve fédérale n'étant pas intervenue mardi. Lundi, elle avait injecté la modeste somme de 2 milliards de dollars, après ses interventions massives de jeudi et vendredi dernier (respectivement 24 et 38 milliards de dollars).

Comme les jours précédents, il s'agissait pour la banque centrale américaine de rassurer les marchés financiers en leur montrant qu'elle mettrait à leurs dispositions toutes les liquidités nécessaires pour empêcher un effet "château de cartes" de se déclancher.

La crise des subprime américains menace en effet toujours de se transformer en véritable crise de confiance générale dans le système financier. De nombreux fonds d'investissement et des banques sont affaiblis par leur exposition à ce type de prêts immobiliers accordés à des ménages américains peu solvables. Les informations - vérifiées ou supposées - sur les difficultés rencontrées par les institutions financières se traduisent par une méfiance croissante sur les marchés. Les banques et les investisseurs deviennent alors de plus en plus réticents à financer des établissements sur lesquels ils ont des doutes, ce qui ne peut qu'aggraver la situation.

Dans ces circonstances, la stratégie des banques centrales consiste à proposer aux intervenants financiers d'abondantes liquidités à bon marché, en se substituant à leurs partenaires financiers habituels, de façon à éviter les défauts en cascade.

Dans l'immédiat, l'intervention de ce jour a produit son effet. La journée boursière avait très mal commencée, avec de fortes chutes en Asie: -2,19% à Tokyo, -2,87% à Hong Kong. Les places européennes avaient suivi à la baisse, Paris chutant même à mi-séance sous les 5.400 points. Et Wall Street avait ouvert sur une nouvelle baisse

Mais après l'intervention de la Fed, les marchés ont repris quelques couleurs. Une demi-heure après, le Dow Jones s'inscrivait dans le vert, gagnant environ 0,30%. Et à Paris, le CAC réduisait sensiblement ses pertes, ne cédant plus que 0,66% à la clôture, à 5.442,72 points. En fin d'après-midi, Wall Street évoluait autour de l'équilibre.

Reste que les raisons de s'inquiéter ne manquent pas. Les rumeurs portant sur les pertes supposées des institutions financières prolifèrent. Les valeurs bancaires françaises sont par exemple très malmenées depuis deux jours. La Société Générale, en particulier, est très discutée, sur la foi de rumeurs - démenties - de difficultés d'une filiale de gestion de fonds.

Et aux Etats-Unis, les grands noms de la finance sont en première ligne. Mercredi, le géant du capital-investissement KKR a par exemple annoncé qu'une de ses filiales allait perdre 40 millions de dollars sur des prêts immobiliers, somme qui pourrait s'alourdir dans un deuxième temps de 200 millions supplémentaires. Une information qui a faisait plonger l'action KKR de quelque 20% dans l'après-midi.

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