Les autres films de la semaine

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A relever parmi les sorties de cette semaine, "Rocky Balboa", "Pars vite et reviens tard", "L'étoile imaginaire", "Les ambitieux", "Ping-pong" et "Les âmes errantes".

"Rocky Balboa"
Amateurs de matchs de boxe filmés au plus près des coups de poing sanguinolents, passez votre chemin. L'unique, le seul, le grand Rocky a remisé ses gants. Adrian sa bien aimée est morte et notre homme, cabossé par les coups et par la vie, traîne sa mélancolie entre les tables de son restaurant, récitant inlassablement ses exploits aux clients. Jusqu'au jour où de brillants journalistes sportifs ont l'idée de faire concourir papy Rocky avec une jeune star montante et arrogante du ring. Il y a quelque chose de diablement émouvant dans ce film écrit, réalisé et interprété par Stallone. Aux images chocs et aux scénarios creux des précédents opus, le comédien préfère ici prendre son temps pour brosser le portrait digne, souvent poignant d'un homme vieillissant, en décalage complet avec le monde dans lequel il vit. Ce faisant, Stallone raconte une Amérique souvent méconnue. Celle des petits blancs pauvres vivant dans des quartiers délabrés en périphérie des villes. Incontestablement le meilleur épisode de la série.
Y. Y.


"Pars vite et reviens tard"
Régis Wargnier adapte aujourd'hui le roman éponyme de Fred Vargas à l'écran. L'histoire d'un commissaire de police en prise avec une sombre malédiction jetée sur Paris. José Garcia se révèle une fois de plus impeccable dans le rôle principal, composant avec finesse le personnage de ce flic fatigué, parfois amnésique. Cela ne suffit malheureusement pas pour réussir ce film plombé par des dialogues convenus, une raideur dans la mise en scène, sans parler du jeu déplorable de certains acteurs. Reste, pour les amoureux de Paris, une manière extraordinaire et inédite de saisir la ville.
Y. Y.


"L'étoile imaginaire"
Don Quichotte renaît sous les traits du responsable d'une usine italienne rachetée pièce par pièce par des industriels chinois pour la reconstruire à l'identique dans leur pays. Persuadé d'avoir détecté une grave défaillance au moment du rachat, notre homme se rend au pays de l'Empire du Milieu pour prévenir les nouveaux patrons. Seul problème, il ne sait pas où les trouver. Sa quête répétitive finit par lasser. Seul intérêt du film, l'incroyable portrait de la Chine ici brossé par le réalisateur Gianni Amelio à travers des villes salles, grises, boueuses, miséreuses qui témoignent du boom économique, côté coulisse.
Y. Y.


"Les ambitieux"
Huit ans après "La Nouvelle Eve", Catherine Corsini retrouve l'énergique Karin Viard pour une comédie qui a pour cadre le milieu de l'édition. Mais l'une et l'autre se répètent et le film laisse une impression de déjà vu. L'histoire est celle de Julien (Eric Caravaca), jeune auteur de province qui rêve d'être édité. Il réussit à obtenir un rendez-vous avec une éditrice carnassière Judith Zahn (Karin Viard survitaminée). Ils vont s'entredévorer à belles dents. Elle ne lui trouve aucun talent mais le met dans son lit. Il se laisse séduire et devient son amant. En furetant dans ses affaires, il découvre l'histoire secrète du père de Judith, révolutionnaire des années 70 mort au combat en Amérique du Sud. Il décide d'en faire la matière d'un livre. Elle lui interdit de le publier et rompt avec lui. Le livre est un énorme succès. Après moult prises de bec, le happy end est inévitable.
N.T.


"Ping-pong"
Ce premier film de l'allemand Matthias Luthardt reprend le thème bien connu de l'élément perturbateur qui vient révéler la face cachée d'une famille en apparence parfaite. Ici, c'est un ado nonchalant, Paul (Sebastian Urzendowsky, au charisme magnétique) qui débarque sans prévenir chez son oncle pour y passer les vacances d'été. Pas vraiment enchantée, la famille l'accueille. Mais lorsque l'oncle en question doit partir en voyage d'affaire, le jeune Paul se retrouve entre sa tante - obsédée par son chien d'une façon assez inquiétante - et le fils, pianiste mal dans sa peau qui descend les bouteilles de vodka plus vite qu'il ne joue ses sonates de Berg. Entre les trois protagonistes la tension monte, jusqu'à à l'explosion. Un film qui laisse présager le meilleur pour la prochaine réalisation.
O. L. F.


"Les âmes errantes"
Trente ans après la guerre du Vietnam, des milliers de soldats du pays restent sans sépultures. Des vétérans gardent encore l'espoir de retrouver les corps de leurs camarades et de les ramener à leur famille. Deux d'entre eux vont aider Madame Tiêp à partir sur les traces de son mari décédé. Ce film documentaire, tourné par le Français Boris Lojkine, diffusé sur la première chaîne vietnamienne en 2006, a rencontré un succès phénoménal avec plus de 15 millions de spectateurs. Etonnamment, c'est un passage en salle qui a été choisi pour la France. Pas forcément une bonne idée. Malgré son sujet touchant, le film, aride et confus, n'y trouve pas sa place.
O. L. F.

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