EADS : Dominique de Villepin dit qu'il ne savait rien

L'ancien Premier ministre a déclaré devant la commission des Finances du Sénat que Matignon n'était pas informé des difficultés de l'A380. Ni de la volonté de la CDC de se porter acquéreur des titres EADS cédés par Lagardère.

Dominique de Villepin a dû répondre aux questions de la commission des Finances du Sénat, au sujet de l'affaire EADS. L'ancien premier ministre, reçu ce mardi par la commission, a clamé sa bonne foi de son gouvernement au moment de la vente d'actions EADS par Lagardère et DaimlerChrysler au printemps 2006. Les deux actionnaires industriels avaient vendu chacun 7,5% du capital en avril 2006 peu de temps avant l'annonce de nouveaux retards du programme A380 d'Airbus, filiale d'EADS.

Dominique de Villepin a expliqué que l'Etat ne pouvait agir sur EADS que dans un cadre établi, malgré son attachement à l'industrie aéronautique. Pour l'ancien Premier ministre, l'Etat ne pouvait pas empêcher Lagardère et DaimlerChrysler de vendre des actions. En outre, Dominique de Villepin indique qu'une étude avait jugé impossible une préemption par l'Etat. "C'est un mauvais procès qu'on fait à l'Etat de considérer qu'il fallait que nous sachions ce qui se passait dans les usines allemandes alors que l'état-major l'ignorait ou disait l'ignorer", a expliqué Dominique de Villepin, qui pointe du doigt la responsabilité des industriels. "Il y a une responsabilité vraisemblablement mais je ne crois pas qu'il faille aller chercher des poux dans la tête de l'Etat parce qu'il n'y aucune raison de les trouver". "En ce qui concerne les industriels, chacun doit assumer sa part de responsabilité", a-t-il ajouté.

L'ancien Premier ministre a réaffirmé mardi que ni lui ni ses services à Matignon n'avaient "jamais été informés" des difficultés d'Airbus avant leur annonce officielle. "A aucun moment Matignon n'a été informé des difficultés d'Airbus jusqu'à ce qu'elles soient rendues publiques par l'entreprise elle-même en juin 2006", a déclaré Dominique de Villepin. "Matignon n'a reçu aucune information de Bercy ni du ministère des Transports sur le "process" industriel ou la situation dans les chaînes de production de l'A380 et donc sur la réalité des difficultés industrielles", a ajouté l'ancien Premier ministre.

A l'issue de l'audition de plus d'une heure, l'ancien Premier ministre a déclaré à la presse qu'"aucune critique précise n'a pu être dirigée à l'Etat. L'Etat a fait ce qu'il devait. Qu'il y ait des zones d'ombre sur le plan industriel, sur la lenteur de transmission de certaines informations, c'est une chose. On ne peut pas soupçonner l'Etat dans ce dossier de ne pas avoir fait ce qu'il devait faire, conformément aux principes qui ont été posés".

Dominique de Villepin a aussi ajouté qu'à aucun moment la Caisse des dépôts n'avait "informé Matignon" de son intention de racheter une part des actions cédées par Lagardère.

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