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EADS: le PS évoque une affaire d'Etat, les syndicats expriment leur colère

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Publié le 04 octobre 2007 à 00:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 17:31

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De part et d'autre du Rhin, les réactions politiques et syndicales se sont multipliées après les révélations du Figaro sur le scandale EADS. Le Parti socialiste évoque une affaire d'Etat.

Le Parti socialiste réclame ce mercredi que toute la lumière soit faite dans les plus brefs délais sur l'affaire EADS "y compris sur les responsabilités politiques" de l'époque. "Le comportement des dirigeants d'EADS, pour scandaleux qu'il soit, ne doit pas masquer la véritable responsabilité de l'État qui a couvert ces cessions" de participation dans le groupe aéronautique, dit un communiqué du PS intitulé: "Du scandale financier à l'affaire d'Etat".

"Non content de laisser l'entreprise affronter une crise industrielle et sociale, la droite n'a pas hésité à organiser la socialisation en amont des pertes de Lagardère. C'est en effet en toute connaissance de cause que le gouvernement de l'époque, auquel appartenait l'actuel président de la république, a fait racheter la moitié de sa participation par des institutionnels à hauteur de 7,5%. La Caisse des dépôts, qui a porté sur ordre cette opération, a investi 2 milliards d'euros, dont un tiers est parti en fumée peu de temps après", déplore le PS.

"Les membres du gouvernement concernés doivent s'expliquer, notamment Thierry Breton (alors ministre de l'Economie, NDLR), sur ce qu'ils savaient", a insisté de son côté André Vallini, porte-parole du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) de l'Assemblée nationale. "Je suis très surpris, trés choqué, scandalisé, indigné par ce genre d'affaire que des dirigeants aussi importants, avec des responsabilités aussi lourdes sur le plan économique, puissent s'être rendus coupables de choses aussi graves même s'ils sont présumés être innocents", a ajouté le député de l'Isère.

Les syndicats font également entendre leur mécontentement. "C'est un sentiment de colère et d'indignation qui domine à la lecture du rapport alors que nous faisons l'objet d'un plan de suppressions de 10.000 emplois" en Europe, dont 4.300 en France, a souligné Xavier Petrachi, délégué syndical central CGT Airbus France. Pour Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral à la CGT, les modalités de ce plan doivent maintenant être "rediscutées", car ses auteurs étaient "mus par leur intérêt patrimonial et non par celui de l'entreprise", a-t-il mis en exergue.

Cette affaire "n'est pas de la broutille, pas du chapardage, c'est du domaine de dizaines de millions d'euros de plus-value et on est ici dans un secteur stratégique pour la France et l'Europe", a-t-il ajouté. Sur ce point, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, aurait "préféré" que la direction et les actionnaires d'EADS "s'occupent de stratégie industrielle plutôt que d'essayer de gagner de l'argent", car maintenant "ce sont les salariés d'Airbus et des sous-traitants qui trinquent".

A Toulouse, antre du siège d'Airbus, le coprésident du comité européen de l'avionneur, Jean-François Knepper (FO, majoritaire) a jugé "réellement graves" ces délits d'initiés s'ils étaient avérés. "Après seize mois de crise, on n'en sort pas et chaque fois ça empire", s'est-il alarmé. Pour Jean-Louis Belliot (CFDT), la note de l'AMF n'est qu'une "confirmation": "à un moment donné, on a bien vu que la préoccupation première de nos dirigeants a été une préoccupation financière et tout ce qui a été industriel et économique (...) est passé au second plan", a-t-il déclaré. Des agissements qui risquent de "générer de l'écoeurement" chez les salariés, selon lui.

Marina Lensky (CFTC) s'est toutefois inquiétée d'une déstabilisation de l'équipe Enders-Brégier, aux commandes d'Airbus et dont l'avionneur n'"a pas besoin". Mais "la justice est nécessaire" dans cette affaire, ajoute-t-elle. Françoise Vallin (CFE-CGC) a elle aussi regretté que cette révélation survienne peu avant le 15 octobre, jour de la livraison du premier A380 à la compagnie Singapore Airlines. D'une manière plus générale, la CFE-CGC aéronautique s'est demandée en qui les salariés pouvaient "placer leur confiance". Elle a réclamé une révision des modes de rémunération des cadres dirigeants et, comme les autres syndicats, la présence de salariés au conseil d'administration d'EADS.

En Allemagne, les réactions n'ont pas tardé à fuser également. Le syndicat allemand IG Metall exige que la vérité éclate. "Les collègues qui sont touchés depuis plus d'un an et demi par la crise chez Airbus sont en droit d'attendre que l'affaire soit éclaircie rapidement", a déclaré à l'AFP Daniel Friedrich, porte-parole de la fédération IG Metall du Nord de l'Allemagne, dont dépend une partie des sites de production allemands d'Airbus.

Daniel Friedrich a estimé, quelle que soit l'issue de l'enquête menée par l'Autorité des marchés financiers (AMF) en France, que l'affaire était "un coup dur" pour Airbus, déjà malmené ces derniers mois par une crise industrielle. "Les responsables incriminés exercent encore des responsabilités chez EADS", a déclaré le syndicaliste, ce qui rend "difficiles les rapports".

De son côté, le constructeur automobile allemand Daimler, actionnaire d'EADS, s'est refusé à tout commentaire. "Nous ne pouvons pas commenter le rapport car nous n'en avons pas connaissance", a indiqué un porte-parole interrogé par l'AFP.

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