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Les cours du pétrole plongent de nouveau

La Tribune

Publié le 12 janvier 2007 à 08:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 18:20

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Après être remonté en début d'après-midi au-delà des 54 dollars, le pétrole est reparti à la baisse vers les 52 dollars. Le refroidissent des températures prévue aux Etats-Unis après des jours de douceur inhabituelle ne semble pas pouvoir enrayer plusieurs jours de baisse des cours. Depuis le 20 décembre, le brut a perdu 15 % de sa valeur

Depuis le début de l'année, les cours du pétrole n'avaient cessé de chuter que le temps d'une seule journée: lundi. Hier après-midi cependant, le marché a semblé hésité à pousser plus loin le bouchon de la baisse. Alors qu'il déclinait depuis le début de la journée à Londres, le prix d'un baril de brut de la Mer du Nord, le Brent, regagnait 0,7 % à 54,06 dollars en fin d'après-midi Mais là comme à New York où les 160 litres (un baril) de WTI ont tenté la percée au-delà des 54 dollars, l'or a fini par repiquer du nez. Et même par plonger vers les 52 dollars, son plus bas niveau depuis la mi-2005.

Le seuil des 55 dollars avait été enfoncé avant-hier, celui, celui des 60 dollars, mercredi dernier. Jamais depuis le mois de juin 2005 - c'est-à-dire avant que les dégâts causés par l'ouragan Katherina sur les installations pétrolières du Golfe du Mexique ne signale le début d'une irrésistible envolée des cours - l'or noir n'avait été aussi bon marché.

Hier après-midi, les opérateurs semblaient de nouveau porter leur attention sur la résolution des tensions entre la Russie et le Bélarus au sujet du transit par ce dernier pays du pétrole russe. Le redémarrage à plein des flux d'hydrocarbures dirigé vers l'Europe aurait en partie servi d'excuse pour que les cours s'affaissent à nouveau.

Il n'empêche. La baisse des températures sur la Cote Est des Etats-Unis - la région la plus énergétivore - après les records de chaleurs pour un mois de janvier connus au cours du week-end a cependant commencé à influencer les opérateurs sur le marché new-yorkais : le retour du froid signifie une plus grande consommation d'hydrocarbures - en particulier de fioul domestique - et donc une pression à la hausse sur les prix. Résultat, les opérateurs hésitent quelque peu autour du seuil des 54 dollars.

Les premières neiges à New York apportent également une réponse à la chute du pétrole liée au niveau des réserves d'hydrocarbures accumulées par les nations industrialisées - au premier rang desquelles les Etats-Unis - depuis plus de deux ans. La plus faible consommation de fioul domestique en raison de cet hiver peu rigoureux n'a évidemment rien fait pour amoindrir des inventaires de produits distillés qui progressent à un rythme impressionnant depuis un mois.

Mercredi encore, le Département de l'Energie américain a ainsi indiqué que ces réserves avaient très fortement progressé la semaine dernière. Sans compter que les stocks de pétrole non raffiné accumulés dans les réservoirs des côtes américaines, se creusent, depuis plusieurs semaines, à un rythme de plus en plus rapide. Un facteur plaidant également pour un redressement des cours mais que le marché avait jusque là ignoré.

Sans compter que, comme le soulignent les spécialistes de Barclays Capital à Londres, ceci pourrait bien refléter "les effets des réductions de leurs approvisionnements initiés par les pays de l'Opep [afin de soutenir les cours, Ndrl] en novembre commencent juste à se faire ressentir dans les principales régions consommatrices, et vont continuer de grignoter les arrivées de pétrole". Au cours des quatre dernières semaines, les importations américaines se sont ainsi avérées inférieures de près de 6 % à celles affichées en 2005. Un facteur qui peut également aider les cours à se stabiliser.

La chute apparaît en effet maintenant suffisamment sérieuse aux yeux des responsables pétroliers d'un Cartel ayant la haute main sur les deux cinquième de la production mondiale de brut pour les inciter à agir vite et fort : il est probable que ceux-ci mettront pleinement en oeuvre la réduction supplémentaire de 0,5 millions de barils par jour - soit environ 2 % de leurs approvisionnements - prévue pour le 1er février, ce qui a tout lieu "d'accroître la pression [à la hausse des prix] sur le marché au fur et à mesure que l'on progressera vers la fin du trimestre" poursuit l'équipe de Barclays.

Les écrans des rois du pétrole clignotent en effet de manière inquiétante... pour leurs finances : le "panier de l'Opep", le cours de référence utilisé par l'Organisation vient maintenant flirter avec les 50 dollars, du jamais vu depuis novembre 2005. Un niveau "inférieur d'au moins 5 dollars à ce que le Cartel considère comme un niveau plancher acceptable" note Barclays. Semblant répondre en écho à ces propos, Mohamed al-Hamli, le président de l'Opep, a indiqué cet après-midi qu'il considérait comme "inacceptable" la plongée des cours sous les 53 dollars, appelant tous les pays membres à appliquer dans les faits les mesures de réduction de la production déjà décidée au cours des derniers mois. *

Les dix pays du Cartel, qui ont voté au cours des derniers mois des réductions de production atteignant 1,7 million de barils chaque jour - soit environ 6 % de leur production commune hors Irak - continuent en effet pourtant d'extraire 385.000 barils par jours de plus que le sacrifice commun auxquels ils avaient consenti, montrent les décomptes de l'agence Bloomberg.

Parmi les "mauvais élèves", le Vénézuela et le Nigéria, qui à eux deux font exploser les limites de production de 220.000 barils quotidiens. Comme à l'habitude, c'est l'Arabie Saoudite qui fait les plus gros efforts. Hier encore, la compagnie nationale saoudienne Aramco aurait ainsi informé ses clients coréens qu'elle allait réduire leurs approvisionnements de 11 à 14 % en février prochain, tandis que les raffineurs coréens devraient recevoir 10 à 12% de pétrole en moins.

La Tribune

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